Le Loup, la Chèvre et le Chevreau, fable de Jean de La Fontaine
14 novembre 2007
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Jean de La Fontaine, lui aussi fut inspiré par le conte de tradition orale dont il fit une fable. Ici, la chèvre met en garde son chevreau en lui donnant un mot de passe "Foin du loup et de sa race". Mais lorsque le loup qui a entendu la conversation tente de se faire ouvrir la porte, il oublie une partie du "mot de guet" et le chevreau soupçonneux lui demande de montrer "patte blanche". Hors comme le souligne La Fontaine :

"(Patte blanche est un point
Chez les Loups, comme on sait, rarement en usage.)"
...

Le Loup, la Chèvre et le Chevreau

(Les Fables > Livre IV )

La Bique allant remplir sa traînante mamelle
Et paître l’herbe nouvelle,
Ferrma sa porte au loquet,
Non sans dire à son Biquet :
Gardez-vous sur votre vie
D’ouvrir que l’on ne vous die,
Pour enseigne et mot du guet :
Foin du Loup et de sa race !
Comme elle disait ces mots,
Le Loup de fortune passe ;
Il les recueille à propos,
Et les garde en sa mémoire.
La Bique, comme on peut croire,
N’avait pas vu le glouton.
Dès qu’il la voit partie, il contrefait son ton,
Et d’une voix papelarde
Il demande qu’on ouvre, en disant Foin du Loup,
Et croyant entrer tout d’un coup.
Le Biquet soupçonneux par la fente regarde.
Montrez-moi patte blanche, ou je n’ouvrirai point,
S’écria-t-il d’abord. (Patte blanche est un point
Chez les Loups, comme on sait, rarement en usage.)
Celui-ci, fort surpris d’entendre ce langage,
Comme il était venu s’en retourna chez soi.
Où serait le Biquet s’il eût ajouté foi
Au mot du guet, que de fortune
Notre Loup avait entendu ?
Deux sûretés valent mieux qu’une,
Et le trop en cela ne fut jamais perdu.