La chasse au chouchou
20 janvier 2009

En maternelle, en Seine-et-Marne, les élèves abordent la géométrie à partir de scénarios ritualisés.

« M.i.a.o.u », des mathématiques intelligentes pour des apprentissages opérationnels et utiles. C’est la démarche qu’expérimente Pascale Giraud dans sa classe de moyenne et grande section de l’école Plein Ciel du Méesur- Seine (Seine-et-Marne). Elle est accompagnée dans cette expérience par Christine Bonnieu, maîtresse E et Valérie Barry-Soavi, enseignante à l’IUFM. Les mathé-matous sont le fil conducteur des séances. Ils ont un rôle métacognitif important en mettant des mots sur des procédures (Compte-tout-matou et Photomatou par exemple) ou en apportant le vocabulaire spécifique (Géo-matou « révèle des secrets ».) L’un d’entre eux indique les objectifs d’apprentissage de chaque rituel et les élèves agissent pour dépasser un obstacle inséré dans une situation ludique qui les mobilise. Aujourd’hui c’est Géo-matou qui est à l’oeuvre. « Il aide à travailler la géométrie », dit Darryl. « Et les formes », rajoute Ethan. Pour cette deuxième séance de repérage tologique de base, 2 grandes photos de mains sont affichées et encadrent un grand tableau dont les cases comprennent des animaux. La séance collective permet de reprendre lignes et colonnes, gauche et droite, dessus, dessous, à gauche de… et au-dessous de… Après les activités en salle de motricité et en classe, ce n’est que la deuxième séance de symbolisation mathématique. Pour Pascale, « on voit les enfants progresser de séance en séance, ça va très vite.. » Christine confirme qu’ « avec des activités aussi précises et ritualisées, il y a moins besoin de remédiations ensuite. » Le déroulement est très codifié. Les consignes et les reformulations ont soigneusement été étudiées, de même que certains « à côtés », la disposition des élèves et de l’enseignante pendant les différents temps de la séance (pas d’effet miroir !), la vérification de la connaissance des noms des animaux (pas facile pour certains élèves nouvellement arrivés), le matériel disposé sur les tables, la digression sur la taille du dessin et la taille réelle…

Phase suivante, individuelle, « la chasse au chouchou ». Les élèves sont impatients et attendent les consignes. Christine rappelle comment on barre une case, « d’une pointe à une pointe ». Et c’est par une succession de cases barrées qu’apparaît enfin le chouchou à l’issue d’une dernière consigne donnée par un des élèves. Si la plupart des grands sont à l’aise avec l’activité, quelques moyens demandent à être aidés, mais « beaucoup moins que la semaine précédente » dit Pascale. La verbalisation de fin de séance, « ce qu’on a fait, ce qu’on a aimé » permet de remettre des mots sur l’ensemble de l’activité et des objectifs. Pour Valérie Barry-Soavi, les élèves sont souvent « sous-alimentés » en mathématiques. Le but est de proposer des activités efficaces pour tous les élèves, même pour ceux qui pourraient avoir des difficultés, en utilisant des scénarios qui rendent nécessaires les apprentissages mathématiques et en mettant l’accent sur la verbalisation et les reformulations. Les rituels, dispositifs, consignes et supports, sont récurrents sur l’année scolaire. Ils sécurisent les élèves qui sont tous mis en situation de difficulté pendant les ateliers car « apprendre ce n’est pas éviter des obstacles mais arriver à les franchir. »