L’école maternelle : diagnostic et pédagogie
3 octobre 2011

Tous les enfants passent par l’école maternelle. Et pour certains d’entre eux, c’est le lieu où se révèlent les difficultés et parfois le handicap.

L’équipe de l’école du Duc Rollon à Caen en a fait l’expérience l’an passé. Au moment de l’inscription, le directeur demande toujours aux parents de remplir un questionnaire sur leur enfant avant leur première rentrée. Les parents de la petite Lola qui entrait en petite section n’ont rien signalé de particulier mais au bout de deux semaines de scolarisation, les deux enseignants de la classe se sont rendus compte de la souffrance de la petite fille qui supportait très mal le groupe, n’entrait pas en activité et faisait des crises. « Nous avons rencontré les parents, raconte Philippe Lemonnier le directeur, maître formateur et enseignant de la classe. Toute la difficulté est de les amener, alors qu’ils sont dans une sorte de déni, à comprendre, admettre la situation particulière de leur enfant sans aller trop vite, sans que certains mots soient prononcés. La petite section est de ce point de vue déterminante » poursuit l’enseignant de la classe. Dans ce cas précis, l’équipe a guidé la famille vers un service spécialisé du CHU et la scolarisation a été revue à mi-temps. Mais, sans notification MDPH qui prend du temps, l’année s’est passée sans qu’un accompagnement se mette en place, laissant les enseignants se débrouiller seuls avec des effectifs lourds.

Après la révélation aux parents, Maurice Titran, pédiatre, soulevait en 2008 une autre difficulté pour les enseignants : « L’école maternelle fait le tri entre ceux qui peuvent être maintenus et ceux qui doivent être orientés en établissement ». Une période douloureuse pour les parents qui comprennent que leur enfant ne restera pas dans le circuit ordinaire. Une démarche professionnelle exigeante pour les enseignants qui nécessite l’aide d’autres professionnels et... une formation.

L’ensemble du dossier

- Handicap : ça roule pas tout seul
- Frédéric Grimaud :« Les prescriptions sont floues »

- YONNE : Une scolarisation ordinaire
- Pluriprofessionnel : Agir en réseau

- Des brèves et des infos
- Christine Berzin : S’appuyer sur les compétences des élèves