Scolarisation des enfants handicapés
Face aux difficultés, un grand besoin de relance
25 janvier 2012

Hier mercredi 25 janvier la Fnaseph organisait un « Grenelle de la scolarisation et de la formation professionnelle des jeunes handicapés ». Une journée qui a mis en évidence la nécessité de relancer la mise en œuvre de la loi de 2005.

La Fédération nationale des associations au service des élèves présentant une situation de handicap (Fnaseph) organisait hier mercredi 25 janvier à Paris un "Grenelle de la scolarisation et de la formation professionnelle des jeunes handicapés". Au cours de cette journée qui se déroulait à l’université de Paris-Dauphine, il s’agissait de rédiger des propositions pouvant être appliquées dans les deux ans, propositions devant être transmises aux candidats à l’élection présidentielle. Concrètement, ce Grenelle était organisé autour de trois ateliers : "Davantage de jeunes scolarisés... Pour quels réels progrès ?", "L’accompagnement des familles. Comment mieux les aider ?", "Formation professionnelle et entrée dans la vie active". Plusieurs thèmes auront marqué les débats, notamment le besoin de formation des enseignants, le besoin de professionnalisation des AVS et enfin, le besoin d’une harmonisation des moyens des MDPH connaissant de grandes disparités en fonction des territoires.

Un rapport autosuffisant

L’événement ne s’est pas déroulé non plus dans n’importe quel contexte. Après les promesses faites par Nicolas Sarkozy lors la Conférence nationale du handicap en juin dernier, les acteurs de terrain restent dans l’attente du rapport gouvernemental portant sur les trois dernières années de mise en œuvre de la loi de 2005 et devant fixer une nouvelle feuille de route pour les trois années à venir. Or, le projet de texte a été fortement critiqué, notamment par les associations du secteur du handicap. Ces dernières considèrent que le rapport n’est pas suffisamment critique au regard des difficultés, encore très lourdes, à scolariser les enfants en situation de handicap et attendent d’autres propositions pour l’avenir. Le CNCPH devrait se prononcer sur ce rapport fin février.

De plus en plus de difficultés

Si le ministère de l’Education nationale se félicite de la hausse régulière du nombre d’enfants en situation de handicap scolarisés (212.640 élèves à la rentrée 2011), les observateurs notent que l’impulsion a été antérieure à la loi de 2005 mais surtout, d’après le SNUipp qui participait à la rencontre, qu’elle se heurte à de plus en plus de difficultés telles que l’absence de formation spécifique pour les enseignants, au manque de personnels qualifiés et stables pour l’accompagnement (AVS), à la disparition programmée des ressources publiques dans les CMPP, les RASED, ou encore à la fragilisation des établissements et services spécialisés qui ne peuvent mettre en œuvre une véritable coopération avec les écoles.

Des chantiers à engager

Certes, le recrutement de 2000 assistants de scolarisation et le remplacement progressif des contrats aidés constituent une première réponse au problème. Mais les autres mesures annoncées depuis la conférence nationale restent au niveau des intentions (renforcement de la coopération avec le médico-social) ou du symbolique (journée de sensibilisation). Alors que selon un sondage publié par la Fnaseph 95% des français pensent que les enfants en situation de handicap ont droit à un accompagnement adapté et 84% que leur place est à l’école, le SNUipp estime que pour améliorer la situation de leur scolarisations, un nouvel élan est nécessaire et que de réelles discussions doivent s’engager sur plusieurs chantiers (formation, situation des personnels, ressources de proximité, établissements et services spécialisés.) Un nouvel élan qui passe bien sûr, par l’arrêt des suppressions de postes dans l’Éducation nationale.