Des systèmes interconnectés
17 septembre 2008

Que se passe t-il dans le cerveau lors des activités de mémorisation ? Pour les neurosciences, la mise en mémoire emprunte des chemins complexes où chaque porte d’entrée semble étroitement interconnectée.

Que nous disent les neurosciences sur les mécanismes de la mémoire ? Ces dernières années, les nouvelles techniques d’imagerie montrant le cerveau en activité ont battu en brèche les anciennes théories.

En l’état actuel des connaissances, on sait que l’activité cérébrale n’est pas linéaire mais organisée en système. Toutes les aires cérébrales concernées par la mémorisation sont étroitement interconnectées, aire visuelle, auditive, physique, sensorielle, elles-mêmes dépendantes des émotions ou du contexte. Les informations sont véhiculées par les neurones pour gagner les aires mémorielles de l’hyppocampe. Mais à chaque relais du parcours, chaque neurone effectue un nouveau traitement puisqu’il reçoit d’autres quantités d’informations. Dans ce système très complexe, la mémoire de travail agit en maintenant temporairement une représentation active de l’information afin de la manipuler pour une utilisation immédiate. Ce système qui occupe d’ailleurs plusieurs aires cérébrales est essentiel pour tout raisonnement et toute planification de l’action en lien avec la mémoire à long terme.

Selon Serge Laroche, directeur de recherche en laboratoire de neurobiologie, « les interactions des systèmes de mémoire de travail et de ceux de la mémoire à long terme sont très dynamiques ». Les premiers permettent de structurer les informations dans la mémoire à long terme. « Inversement, tout événement peut activer des souvenirs à long terme, qui deviennent alors accessibles à la mémoire de travail, laquelle les utilise immédiatement ou remet à jour de nouvelles informations » poursuit le chercheur. Là, se jouent les processus d’apprentissage. Toutes ces traces dites mnésiques s’inscrivent et se recomposent dans la mémoire à long terme en fonction de la nature même de l’information.

Ainsi, la mémoire des mots, des idées, des concepts, des connaissances sur soi et sur le monde (tables de multiplication, nom des capitales …) correspond à la mémoire sémantique. Autre sous-partie de la mémoire à long terme, la mémoire épisodique concerne des événements vécus. Ces informations seront réactivées d’autant plus facilement que l’on se ressitue dans le contexte parfois émotionnel dans lequel on a appris.

Enfin, nager, lire, parler forment des connaissances d’une mémoire procédurale extrêmement résistante à l’oubli. Autant de processus en activité dans le cerveau de chaque élève qui lui permettent d’agir, de s’organiser pour apprendre à nouveau.