Coopération
« Des partenaires pour la maternelle »
18 février 2013
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Trois questions à Françoise Carraud, maître de conférence en sciences de l’éducation à l’université Lumière-Lyon 2

Pour les enseignants de maternelle, que veut dire « travailler avec les parents ? »

Travailler avec les parents n’est pas nouveau, c’est déjà considéré comme essentiel. Mais c’est une dimension difficile qui pose la question du positionnement de chacun. Alors que pour eux la priorité est l’instruction, les enseignants ont l’impression de répondre à des demandes supplémentaires des parents, un service d’éducation et un service de garde. Or, la dimension d’éducation est difficile à partager car elle repose sur des principes qui ne le sont pas nécessairement et qui peuvent même être très divergents, en particulier quand les parents ont des normes éloignées de celles de l’école.

Et avec d’autres partenaires ?

Ce n’est pas plus simple. Je prends par exemple la question de l’autonomie. Tout le monde est d’accord pour développer l’autonomie mais tous n’ont pas la même vision de ce qu’elle doit être. Les enseignants peuvent voir l’autonomie dans les familles comme « on les laisse faire n’importe quoi, on les laisse se débrouiller et on ne les encadre pas assez » ou alors comme « on les cocoone trop, on ne leur laisse rien faire ». Ce qui est vrai avec les parents l’est aussi avec les ATSEM ou avec d’autres personnels comme ceux de la crèche, l’éducatrice de jeunes enfants ou l’infirmière. Chacun a sa manière de voir les choses.

Que peut-on mettre en place pour rendre cette coopération efficace ?

Il faudrait que les principes éducatifs puissent se discuter en situation et au quotidien, de manière très concrète. Par exemple sur les questions autour du corps ou des objets personnels des enfants (les fameux doudous ou tous les petits jeux qui circulent entre la maison et l’école). Il serait nécessaire de prévoir des temps communs de travail et d’échanges pour éviter que les principes éducatifs de l’école ne soient imposés selon une hiérarchie implicite ou au travers de jugements. Le temps d’accueil pourrait permettre aux parents de rester dans la classe même si ça complique le travail des enseignants qui doivent en même temps s’occuper des enfants, des parents, de la relation entre les enfants et les parents, les relations avec les ATSEM. Ce sont des moments riches pour la rencontre et l’échange.

Voir aussi :
- un binôme pour les classes maternelles
- spécificités du travail avec de jeunes enfants

Tout le dossier :

- Accompagner les passe-âges
- La fin des jeux
- Un guide de la transition école-collège
- « Un cadre et des ressources pour oser changer »
- Une passerelle sécurisante
- Les transitions dans la loi
- Des expériences multiformes
- GS : une erreur d’aiguillage ?