Harcèlement à l’école
Des mesures annoncées en mai
12 avril 2011

Luc Chatel qui a reçu hier mardi 12 avril le rapport d’Eric Debarbieux sur le harcèlement à l’école, a annoncé la tenue d’assises nationales sur le sujet les 2 et 3 mai. Des mesures seront présentées par le ministre lors de ces assises.

Dans un communiqué publié hier mardi 12 avril, le ministre de l’éducation nationale a annoncé l’organisation d’assises nationales sur le harcèlement à l’école les 2 et 3 mai prochains. Luc Chatel qui avait reçu dans la matinée le rapport commandé à Eric Debarbieux en mars a indiqué qu’il présenterait les axes de sa politique en la matière lors de ces assises. Dans son rapport qui n’a pas été rendu public pour l’instant, le président du Conseil scientifique des états généraux de la sécurité à l’école avance des propositions concrètes « structurées autour de quatre thèmes : connaissance et reconnaissance du harcèlement entre pairs, formation et intervention, mobilisation collective, prévention et sanction ». Selon le ministère, le texte remis par le chercheur met « en évidence la nécessité d’une politique nationale sur un sujet encore tabou en France et sur lequel l’ensemble de la communauté éducative doit aujourd’hui se mobiliser ».

Le fait d’en parler, une avancée

Eric Debarbieux a estimé pour sa part que « le seul fait d’avoir mis en pleine lumière le problème du harcèlement à l’école constituait une avancée en soi ». « Cette démarche vient en effet rompre l’isolement des victimes et de leurs parents qui, jusqu’alors, se trouvaient souvent démunis face à la méconnaissance du phénomène par l’institution scolaire et face à la sous-estimation de ses effets sur la santé et la scolarité des victimes » a-t-il précisé. Le 29 mars dernier, le sociologue avait cosigné un rapport sur le même sujet, rédigé pour l’Unicef France, dans lequel il révélait notamment que plus d’un enfant sur dix (11,7%) se dit harcelé à l’école. Le jour même de la présentation de ce rapport, le ministre avait mis en place le conseil scientifique présidé, précisément, par Eric Debarbieux.

Un travail sur les discriminations au primaire

Le 23 mars dernier, le SNUipp avait été auditionné dans le cadre de la préparation du rapport remis hier. Il avait présenté plusieurs observations, en particulier le fait que « le bien-être des enfants à l’école, le travail sur les compétences psycho-sociales (estime de soi, gestion des émotions, responsabilisation, dire et entendre...) ne sont encore suffisamment pris en compte dans notre école ». Il avait aussi avancé plusieurs propositions comme la réintégration dans les programmes d’éducation civique de l’heure de débat hebdomadaire qui relevait du « vivre ensemble », la mise en œuvre dès l’école primaire d’un travail sur toutes les discriminations, une formations spécifique pour les enseignants.

Un enfant sur dix victime de harcèlement au primaire

Le communiqué du ministère