Dossier : "Argent de l’école : En quête d’égalité"
Crédits de fonctionnement : un écart de 1 à 10
12 octobre 2011

La question des moyens affectés à l’école ne se résume pas au nombre de postes d’enseignants relevant de la gestion gouvernementale. Les collectivités locales, les écoles et les familles contribuent aussi au financement des activités scolaires ce qui engendre des inégalités territoriales importantes.

Le SNUipp, dans son enquête de 2011, en a évalué l’ampleur auprès de 791 communes de 95 départements. En ce qui concerne l’apport des communes, c’est pour les crédits d’investissement que la situation est la plus inégale. En effet si un quart des écoles perçoivent plus de 1800 euros par an, un tiers n’obtiennent... rien. Quant aux crédits de fonctionnement, les écarts s’inscrivent sur une échelle de 1 à 10 (voir graphique) et ce sont les écoles maternelles qui sont les mieux dotées avec une moyenne de 63,92 € par élève. Les élèves relevant de l’éducation prioritaire se voient affecter des crédits plutôt inférieurs à la moyenne (44,56€) alors que les RPI, souvent localisés en milieu rural, se situent 9 € au-dessus de la moyenne. A ces crédits pédagogiques et pour seulement 58% des élèves s’ajoutent des aides municipales pour les activités culturelles.

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Le recrutement par les municipalités « riches » d’intervenants extérieurs est aussi source d’inégalités : la Ville de Paris est très en pointe dans ce domaine et organise même le recrutement de professeurs municipaux sur concours alors que, dans le même temps, 52% des écoles n’ont jamais recours à des intervenants extérieurs. Au fil du temps, les nouvelles prescriptions de l’état contenues dans les programmes (nouvelles technologies, histoire des arts, littérature...) ou issues des politiques éducatives (aide personnalisée, accompagnement éducatif...) viennent s’ajouter, le plus souvent sans concertation, aux obligations antérieures des communes et accentuent les écarts entre elles. De fait, l’insuffisance des moyens disponibles nécessite pour la quasi totalité des écoles le recours à des activités lucratives (kermesse, tombolas, vente diverses...) en général liées à la coopérative scolaire dont la cotisation s’élève en moyenne à 13€ par famille.

Le contenu du dossier :

- Présentation du dossier "Argent de l’école : En quête d’égalité"
- Crédits de fonctionnement : un écart de 1 à 10
- Équipements informatiques : les écoles françaises en retard
- Bâti scolaire : Pas tous logés à la même enseigne
- « C’est à l’Etat qu’il appartient d’assurer l’équité »
- Périscolaire : les villes s’engagent
- « Redéfinir les responsabilités »
- « Définir un cadre recensant l’intégralité des moyens nécessaires à l’école »