Relations à l’école
Attentes des parents de milieux populaires
28 septembre 2011
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Qu’est-ce que les parents de milieux populaires attendent de l’école ? Comment conçoivent-ils la réussite scolaire ? Voici quelques réponses tirées d’une enquête réalisée pour l’AFEV et l’UNAF (union nationale des associations familiales) auprès de 598 familles de milieux populaires.

Qu’attendent de l’école les parents de milieux populaires ? Comment conçoivent-ils la réussite scolaire ? Pour répondre à ces questions, l’AFEV (association des étudiants pour la ville) et l’UNAF (union nationale des associations familiales) ont fait réaliser une enquête auprès de 598 familles de milieux populaires dont l’enfant est suivi par un étudiant de l’AFEV. Il est apparu clairement que ces familles (81 %) sont satisfaites de l’école de leurs enfants, même si ceux-ci sont en difficulté. A 87,7%, elles pensent que les notes sont justes.

Les parents insatisfaits invoquent les violences entre élèves (34,3%), les relations avec les enseignants (31,5%), l’impression que son enfant n’est pas assez pris en compte ((21,3%). Des raisons qui font que 51,7% des familles mettraient, si elles le pouvaient leur enfant dans une école ou un collège privé pour un meilleur environnement. Mais elles ne sont que 35,9% à envisager de déménager pour changer d’établissement scolaire.

La place centrale de l’école
L’appréciation positive des parents sur l’école va à l’encontre de celle des enfants. Ceux-ci disent très majoritairement ne pas aimer aller à l’école (voir Baromètre annuel du rapport à l’école des enfants de quartiers populaires). Pourtant 84% des parents pensent qu’ils sont contents, voire très contents (55%) d’y aller ! Les parents pour qui l’école est le seul moyen de réussite sociale et professionnelle n’imaginent peut-être pas une perception différente chez leurs enfants. D’autant que pour ces jeunes qui ne quittent guère leur quartier, l’école occupe une grande part de leur vie. 43% des enfants n’ont aucune activité sportive, culturelle ou artistique. 39% font du sport ou fréquentent les structures du quartier. 78% des parents ne pratiquent aucune activité extra-professionnelle.

Des relations à l’école ambivalentes
Les familles sont peu impliquées dans les établissements scolaires : 44 % vont à toutes les réunions, et 34 % parfois, essentiellement à cause du manque de temps (64,6 %). Et quand il s’agit des difficultés de leur enfant, 81 % seulement ont demandé à voir un enseignant.

51 % des parents aimeraient discuter plus souvent avec l’enseignant. Mais ce n’est pas simple : des études qualitatives ont montré qu’ils ont peur et n’osent pas. Ou bien certains considèrent que leur enfant n’a pas de problème particulier – alors même qu’il s’agit d’enfants repérés pour leurs difficultés-, témoignant d’un manque de communication avec l’école et/ou d’une mauvaise perception des exigences scolaires.
De fait ils n’évaluent pas toujours bien la situation scolaire de leur enfant, même s’ils sont 65% à très bien comprendre le bulletin scolaire de leur enfant (22 % bien et 13% pas très bien et pas bien du tout). Ils sont persuadés à 90 % que leur enfant ne redoublera pas, et si cela se produit, c’est perçu comme une mesure positive par 83 % d’entre eux.

Des enjeux de réussite très forts et pas de pouvoir d’agir
42 % des familles se disent inquiètes de la réussite scolaire. Une inquiétude qui peut se transformer en angoisse et est à la source des nombreux conflits : l’école est le deuxième sujet de disputes avec les enfants après le comportement, notamment à cause des notes (56 %).
Les parents ne se sentent pas capables (24 %) d’aider leur enfant ou seulement un peu (43 %). Difficile pour les parents de se sentir acteurs et responsables de la scolarité de leur enfant ! La question des devoirs en est l’illustration : c’est un moment difficile pour 59 % d’entre eux et 52,6 % reconnaissent ne pas y arriver. 30,2 % ne comprennent pas les devoirs ou ont peur de se tromper. Près de 16 % ne savent pas lire/écrire le français. Et près de 15 % ont été elles-mêmes en échec à l’école et les blocages ressurgissent.

Confiance en l’avenir de leur enfant et nécessité de transformer l’école
Si les enfants « travaillent bien à l’école », la réussite sera possible. 27 % des parents souhaitent un bac général et 33 % que leur enfant aille à l’université. Et 80 % des parents pensent que leur enfant réussira son avenir professionnel. Les métiers les plus cités sont médecin, avocat, infirmière, informaticien, pompier, policier, ingénieur. En même temps il semble selon les enquêteurs qu’ils « ne perçoivent pas bien la réalité du cursus scolaire et de ses exigences ».
Par contre ils sont tout à fait « conscients des limites de l’école comme lieu d’égalité des chances  ». 40,8 % des parents voudraient que l’école permette aux enfants plus faibles de réussir. Autres changements attendus : moins de tensions entre les élèves (39,5 %), savoir mieux comment aider son enfant (37,1 %), plus de conseils sur l’orientation (32,4 %), juger les enfants plus sur les qualités que sur ses notes (30 %), parler plus souvent avec l’enseignant (23,4 %).