Apprentissages en situations
20 janvier 2009

Après le cycle 3, l’équipe ERMEL(INRP) prépare un ouvrage sur les apprentissages géométriques au cycle 2 proposant une progression de situations problèmes pour acquérir des concepts.

Comment mettre en place des situations d’enseignement qui permettent aux élèves de construire des compétences géométriques ? L’équipe ERMEL s’est intéressée à ces questions depuis une dizaine d’années. Un ouvrage pour le cycle 3 a été édité et propose une progression au fil des trois niveaux [3].

Catherine Guichardaz, enseignante en CM2 à Vaux-en-Velin, a participé à l’expérimentation de situations résolution de problèmes avec ses collègues de cycle 3. "Chaque enfant dispose dans la classe d’une boîte de géométrie où sont stockés leurs outils communs" explique-t-elle. A partir des situations, les enfants mettent en place des procédures qu’ils devront discuter puis valider ou non en groupe classe. « La mise en commun ne pose plus aucun problème aux enfants qui prennent l’habitude d’argumenter » raconte Catherine qui continue à travailler avec cette démarche.

L’équipe ERMEL (responsable Jacques Douaire [4]) se penche actuellement sur le cycle 2. Marie-Paule Dussuc, de l’IUFM de l’Académie de Lyon, travaille avec des classes de Bourg-en -Bresse. En cycle 2, les compétences géométriques se construisent d’abord par la perception à l’aide d’action matérielle. Mais la démarche est la même. Les enfants sont confrontés à des situations problèmes. De cette perception les enfants acquièrent « l’idée » des relations géométriques comme l’angle droit ou l’alignement*. « Nous proposons des activités aux élèves qui doivent leur permettre de construire tous les aspects d’un concept dans des contextes différents » explique-t- elle.

Par exemple, l’idée d’alignement de points ou celle de traits rectilignes est abordée dans des activités de prolongement de lignes comme pour continuer le dessin d’un papier peint mais aussi dans d’autres qui mettent en jeu des fils tendus… « Les enfants ont de grandes compétences spatiales et quelques uns ont des intuitions théoriques étonnantes » raconte la chercheuse qui ajoute « on dispose d’assez peu de données scientifiques sur l’apprentissage de la géométrie par les jeunes enfants ». L’équipe ERMEL cherche donc à produire des connaissances sur cet apprentissage en même temps qu’elle crée des dispositifs d’enseignement qui seront ensuite rédigés pour les maîtres et les formateurs.