Suppression du samedi matin | Chronique d’une discussion terminée
Les discussions avec le ministère sur les conséquences de la suppression du samedi matin se sont terminées fin janvier. Huit séances de travail pendant lesquelles a été envisagée l’utilisation des 72 heures libérées (2hx36 semaines), une réforme profonde de l’organisation des écoles dès la rentrée prochaine.
Discussions
De tels changements imposaient l’ouverture de négociations ce que le SNUipp et le SGEN ont demandé, rejoints par le SE. Le 5 février, deux mois après, le ministre rend ses propositions et impose un calendrier serré. Il attend des syndicats qu’ils décident de signer ou non ce texte du jour au lendemain. Conformément à ce qu’il avait annoncé, le SNUipp prend le temps d’organiser une consultation des enseignants pour prendre leur avis sur le dispositif final. Et c’est à l’issue de celle-ci que le SNUipp donnera sa réponse. Au fil des séances, le SNUipp a formulé de multiples propositions. Il a notamment demandé que les exigences de la profession en matière d’augmentation du temps consacré au travail en équipe, de prise en compte de l’alourdissement de la charge de travail soient prises en compte. Il a insisté pour que la liberté soit laissée aux équipes pédagogiques dans la conception et la maîtrise du dispositif.
Quel bilan ?
Au final, la vision de la difficulté scolaire qui transparaît du texte comme son traitement reste rétrécie. Le SNUipp a répété son appréciation négative de cette conception de la prise en charge des difficultés. Celles-ci doivent être pensées sur le temps des apprentissages, avec des prises en charge en petits groupes ou collectives au sein de la classe, avec l’appui des RASED qui doivent être développés. Du point de vue de la charge de travail des enseignants, le texte ministériel inclut dans l’utilisation de ces heures « les travaux au sein des équipes pédagogiques », les « relations avec les partenaires de l’école », les « actions de formation ». C’est une première prise en compte des nouvelles charges de travail des enseignants (équipe éducative, PPRE, PAI, PPS, rencontres avec les parents) que le SNUipp a pointé. On est évidemment loin des réels besoins des équipes en terme de temps. Bien d’autres questions restent non résolues : l’inégalité des écoles en fonction des secteurs géographiques, le rôle des RASED, et une réelle réponse à la difficulté scolaire qui demande des pratiques différentes avec « plus de maîtres que de classes » et des temps de travail en équipe avec 3 heures réelles de concertation (24+3).
Quel projet éducatif ?
Au-delà de l’utilisation des deux heures, la question du projet éducatif porté par ce ministère se pose. Quid des programmes scolaires qu’impose le passage à 24 heures hebdomadaires pour les élèves ? Quel sens donner aux annonces concernant le nouveau système d’évaluation des élèves qui s’accompagnerait d’une publication des résultats par école, ou celles, aujourd’hui confirmées, concernant des stages de remise à niveau pendant les vacances ? Sur tous ces sujets, les enseignants sont réduits à guetter les annonces ministérielles dans les médias. En tant que professionnels engagés pour la réussite de tous leurs élèves, ils doivent être entendus sur tous ces sujets. C’est le sens de la consultation proposée par le SNUipp qui entend porter la voix de tous les enseignants.
