Blois (41) | Evaluation des dispositifs : encore trop tôt…

Publié le 18.11.16

À l'école Jules Ferry de Blois, l'équipe enseignante a investi allègement de service et maître surnuméraire pour dynamiser ses enseignements au service de la réussite des élèves. Encore difficile cependant d'en évaluer les résultats.

L'école Jules Ferry à Blois est en pleine « pondération » aujourd'hui. Pascal Blanchet, le directeur de cette école de 7 classes de cycle 3 en Rep+ ainsi que ses collègues, accueillent individuellement les parents des 163 élèves. La brigade des Zil Rep+ passera donc la journée entière dans les classes, comme c'est le cas également pour les journées de formation ou le travail en équipe.

« On reçoit tous les parents deux fois dans l'année », explique Julien Colin, enseignant en CM1. « Cela crée un climat de confiance et ils ont une meilleure vision de l'institution. Et quand parents et enseignants tiennent le même discours, cela fait du bien aux élèves...et aux résultats ». Pièce essentielle pour cette école où plus de 90 % des élèves sont issus d'une immigration socialement défavorisée.

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Travailler tous ensemble

L'école entre dans sa troisième année de pondération et le choix des collègues de cette équipe très stable concernant ce temps libéré a privilégié
la concertation, l'organisation et le travail autour du Plus de maîtres . « Nos résultats en géométrie et en production d'écrit aux évaluations nationales n'étaient pas bons du tout il y a deux ans et nous avons donc décidé de mettre le paquet avec des ateliers en CM1 et CM2 », poursuit le directeur à mi-temps en CM2. Pour les CE2, les enseignants et le PDM, qui bénéficie aussi de la pondération, ont choisi ensemble la méthode de lecture et ont décidé de démarrer des ateliers de fluence en lecture dès la rentrée.

Julien continue : « Ce PDM c'est la vraie bonne idée du système car cela permet de travailler de toutes les manières possibles, de stimuler les enfants. C'est souple mais on est aussi obligés de travailler ensemble. Après deux ans on constate que le climat de travail est apaisé et l'enfant devient plus ‘élève'. Avec les ateliers, on ‘emmène' tout le monde, mais les compétences transversales, comme l'entrée dans le travail ou le vivre ensemble, sont difficiles à évaluer ».

Céline Roussel, la PDM, complète : « même les IEN ne savent pas comment évaluer le dispositif. Mais au-delà du ressenti, à la fin de l'année, tous les élèves de CE2 ‘osent' répondre aux questions de lecture, le font correctement à l'oral mais aussi à l'écrit. Avec les collègues, on a dépassé le stade de l'organisation... On expérimente et on commence à parler pédagogie ! »

Pour Pascal, directeur de longue date dans l'école, il est difficile d'avoir du recul sur les résultats eux-mêmes. « Nous avons continué à faire les évaluations nationales en CM2, ce qui nous permet d'avoir un outil interne de mesure et d'adapter le projet du PDM à la situation de l'école. Actuellement, même si la population du quartier s'est appauvrie et que l'école accueille de nombreux primo-arrivants, on observe alors des améliorations ».

En bref

Effectifs : à peine moins pour l'éducation prioritaire 

Alors qu'on sait qu'une baisse significative des effectifs par classe a des effets positifs, notamment sur les résultats scolaires des élèves défavorisés, l'écart entre le nombre moyen d'élèves des classes d'EP et celui des autres classes ne cesse de diminuer depuis 10 ans. En 2007, il était de 1,57 (de 21,9 à 23,47) pour 0,67 (de 23 à 23,67) en 2015*. À noter aussi l'augmentation du nombre d'élèves par classe dans l'éducation prioritaire. La logique en ce domaine voudrait pourtant qu'on donne beaucoup moins d'élèves aux classes de ceux qui ont moins.
*Source DGESCO

Collège : expérimentation ministérielle

Annoncée par la ministre en novembre 2015, une expérimentation destinée à favoriser la mixité sociale dans les collèges est mise en œuvre depuis la rentrée. Une soixantaine de collèges répartis dans une vingtaine de départements ont accepté une sectorisation élargie dite multi-établissements ou multi-collèges. La logique de la carte scolaire où un secteur d'habitation dépend d'un établissement est remplacée par un secteur plus vaste avec plusieurs établissements. Aucun retour pour l'instant sur cette opération, la liste des collèges concernés n'ayant pas été communiquée par le ministère.
Difficulté scolaire : ailleurs c'est souvent mieux

Deux exemples étrangers tirés du rapport du Cnesco : Singapour où des maîtres supplémentaires dotés d'une formation spécifique consacrent 4 à 8 séances par semaine dès le CP à des élèves repérés en difficulté en mathématiques et la Finlande, qui assure un suivi individualisé des élèves au cœur de la classe avec des maîtres spécialisés dans chaque discipline affectés dans l'école.

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