Richard Moyon, co-fondateur de RESF
« il est illégal de ne pas scolariser un enfant de moins de 16 ans »
5 mai 2014
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Trois questions à Richard Moyon, enseignant retraité et co-fondateur de RESF

Trois questions à Richard Moyon, enseignant retraité et co-fondateur de RESF


- RESF a 10 ans, comment s’est créé le réseau ? 

En 1995 alors que j’étais professeur au lycée professionnel Jean Jaurès de Châtenay-Malabry (92) un élève vient me voir en m’expliquant qu’il vient de recevoir une « invitation à quitter le territoire français ». C’est le choc. L’équipe enseignante se mobilise et nous obtenons sa régularisation. Et de nombreuses autres les années qui ont suivi. En mars 2004, nous obtenons la régularisation de deux élèves avec une première grande médiatisation à l’échelle nationale. Dans la foulée nous lançons l’« appel à la régularisation des élèves sans papiers » avec des syndicats, la LDH, la FCPE... De cet appel naîtra le Réseau Éducation Sans Frontière.

- Comment expliquer sa réussite fulgurante ?

Le caractère sensible, humain, et souvent dramatique des situations, renforcé par le fait qu’il s’agisse d’enfants, parfois arrêtés dans les écoles, fait fortement vibrer les consciences. En outre, l’urgence de la cause mobilise et fédère des organisations et des individus qui font taire leurs divergences dans un souci d’atteindre un objectif commun, dont la réussite est palpable. Et puis nous avons le droit pour nous. Certes, les circulaires du ministère de l’Intérieur sont dures, mais nous nous appuyons sur la déclaration universelle des droits de l’enfant qui reconnaît la scolarisation comme un droit des enfants. De plus, il est illégal de ne pas scolariser un enfant de moins de 16 ans en France.

- Quel bilan tirer de son action ?

Chaque collectif local tire son propre bilan mais aujourd’hui il y a près de 200 associations, syndicats ou partis qui soutiennent le RESF, ainsi qu’une myriade d’individus aux orientations différentes. Le bilan concret c’est la régularisation de dizaines de milliers de personnes, des milliers d’expulsions évitées et le retour d’une quinzaine de personnes expulsées. L’action de RESF a contribué à faire évoluer les consciences sur le métissage profond de la population française. En voyant une photo de classe aujourd’hui, qui peut discerner un enfant français d’un enfants étranger ou même savoir qui est sans papier ?

A consulter :
- Le site de RESF