Dossier "La classe partagée : une valeur ajoutée"
Vitruve (75) | Une école publique hors classe
7 mars 2016

L’école Vitruve à Paris, elle, n’y est pas allée par quatre chemins. Il n’y a plus de classes mais des groupes, un pour le CP, un autre pour le CM2, un dernier pour le reste des niveaux avec plusieurs référents pour chaque groupe.

À l’école Vitruve, au cœur du XXe arrondissement de Paris, pour pouvoir partager la responsabilité scolaire de tous les élèves de l’école, on ne s’approprie ni un lieu classe ni un niveau d’élèves. « Les enfants et les adultes ont toujours dans la tête qu’ils sont enfants et adultes dans une école » commence Cécile Lavaire, enseignante et coordinatrice de l’école « pour cette année » précise-t-elle.

Ici, c’est à travers le projet que sont définis les objectifs de travail et le calendrier des apprentissages. Et pour permettre un fonctionnement totalement collectif, on est sorti de la logique « un maître- une classe ».

Les enfants sont répartis en 3 groupes : les 44 Cp avec 2 enseignants référents, les 43 CM2 avec également 2 référents et le groupe intermédiaire rassemblant les 90 CE1, CE2 et CM1 sous la responsabilité de 5 enseignants. Cécile explique « Il y a des phases collectives où les CP ou les CM2, par exemple, sont tous ensemble avec les deux référents, et puis des regroupements se font en fonction des besoins, en lecture par exemple pour les CP, où un des référents peut prendre 10 enfants avec un besoin particulier pendant que l’autre est avec le reste du groupe. Moi aussi il peut m’arriver de prendre un groupe d’élèves. Et par moments, les CP sont en tutorat avec les CM2 qui ont préparé des activités de lecture ou les CM1 pour des ateliers de numération. Et c’est la même chose pour le groupe intermédiaire avec ses 5 référents. En fonction des besoins, par semaine ou par période, les enfants vont changer de salle, d’outils ou d’enseignant ».

À Vitruve, c’est le lien du travail qui prime sur le lien affectif avec un enseignant. Apprendre de ses pairs, interagir, chercher et comprendre en expliquant à d’autres sous le guidage des professeurs qui définissent les attentes, différentes suivant les enfants, à l’intérieur d’un même projet. Une école aussi du vivre-ensemble. Bien sûr, ce fonctionnement nécessite une concertation régulière des PE. Et Cécile de conclure « Le travail des enseignants se fait plus à l’école qu’à la maison. Mais cette responsabilité collective permet d’objectiver, de remettre en cause sa façon de travailler, en la partageant.


En bref

Le guide du partage

« Proposer des jalons pour organiser la répartition des domaines d’apprentissage afin d’épargner des temps de concertation parfois diffciles à trouver », c’est l’objectif d’un document élaboré par la circonscription de Monbrison (42) et disponible en ligne. Le texte détaille différents scénarios de répartition en fonction des quotités de service et des sections concernées. Il présente les avantages et les inconvénients des différentes organisations, et comprend des témoignages d’enseignants. De quoi lancer les travaux de futures doublettes.

- Le document

PDMQDC : Un nouveau rapport

S’il y a plus de maîtres que de classes avec des classes partagées, ces maîtres ne sont pas tous présents en même temps, contrairement à ce qui se passe avec le PDMQDC. Cependant le dispositif en ce qu’il « reconfigure l’organisation du travail » peut donner des pistes de réflexion sur la prise en charge collective de groupes d’élèves.
À ce titre, un rapport de recherche d’une équipe de l’Université Lyon 2 montre en quoi la nouvelle division du travail liée au dispositif fait évoluer la professionnalité enseignante.

- Le rapport

ATSEM : un binôme à la maternelle

Le partage de la classe est fréquent à la maternelle entre l’enseignant et l’Atsem. Spécialiste des sciences de l’éducation, Françoise Carraud observe régulièrement le fonctionnement de ces binômes. A la 12ème Université d’automne du SNUipp-FSU, elle a proposé une mise à jour du travail précis de chacun. Elle notait que la différence fondatrice entre le travail de soin et le travail éducatif était devenue plus floue qu’auparavant et nécessitait de clarifier les relations entre ces deux professionnels.

- Voir l’interview


L’ensemble du dossier

- Présentation du dossier
- Une classe, deux ou trois maîtres ?
- « Reconnaître les dimensions collectives du travail » - 3 questions à Marie Toullec-Théry, maître de conférence en sciences de l’éducation, membre du Comité national de suivi du dispositif « Plus de maîtres que de classes »
- Une équipe à Beynost (01)
- Vitruve (75)
- « L’enjeu fondamental, c’est la polyvalence des enseignants » - Entretien avec Pascale Garnier, sociologue