Rythmes
Une diversité qui rime avec inégalité
13 octobre 2014

Plus d’un mois après le passage de toutes les écoles à la semaine à quatre jours et demi, le paysage scolaire apparaît bien plus contrasté que ne le laisse entendre la ministre dans ses apparitions médiatiques. En fait, ce n’est ni « tout va bien madame la marquise  », ni le chaos généralisé. Sans surprise, le premier constat sur le terrain est celui d’une grande diversité qui rime avec inégalité. C’est bien là le noeud du problème de cette réforme que le SNUipp-FSU avait pointé en demandant la réécriture des décrets. En effet, au delà de la situation de blocage marseillaise, l’application de la nouvelle semaine scolaire varie selon que l’on se trouve dans une ville riche ou désargentée. Horaires de l’école, activités périscolaires offertes aux enfants, partage non concerté des salles de classe, répartition chaotique des enfants après l’école... les dysfonctionnements sont la conséquence directe des possibilités matérielles et financières inégales des municipalités. En l’absence de cadre national, tout cela retombe aussi sur les enseignants avec en premier lieu les directeurs d’école à nouveau « sur sollicités ». Les durées de journées inégales remettent en cause les heures de service des remplaçants et font de leur gestion un vrai casse-tête. Et les élèves dans tout cela ? C’est l’inégalité aussi : fatigue ici, notamment pour ceux qui passent beaucoup de temps dans le bruit, attention plus grande là notamment le matin. L’école maternelle apparaît comme le point noir : allongement du temps passé en collectivité pour les (tout jeunes) élèves, difficultés de repérage liées à la succession des intervenants, positionnement difficile des ATSEM qui passent d’un rôle à l’autre. En tout état de cause, il n’est pas sérieux, comme l’a fait à plusieurs reprises la ministre d’affirmer que les nouveaux rythmes donnent « 3 semaines d’avance sur les apprentissages » sans s’appuyer sur le moindre premier bilan. Ne se contentant pas de ces impressions à l’aveugle, le SNUipp-FSU va lancer un premier état des lieux en novembre. Impossible aussi de se satisfaire des organisations défaillantes qui doivent être remises à plat.