Dossier "Inspection : changer de rapport"
« Une confrontation d’expertises »
3 octobre 2014

Trois questions à Paul Devin, IEN, secrétaire général du SNPI-FSU

Trois questions à Paul Devin, IEN, secrétaire général du SNPI-FSU

« Une confrontation d’expertises »

Quel regard portez-vous sur les pratiques d’inspection actuelles ?

Elles génèrent beaucoup d’insatisfaction. Mais le rejet du décret Châtel de 2011 qui voulait généraliser l’entretien professionnel en vigueur dans la fonction publique a montré l’attachement des enseignants à l’inspection en classe. Dans leur majorité ceuxci reconnaissent la légitimité de cette inspection même si le moment est vécu comme une épreuve par beaucoup d’entre eux. Le constat est en tout cas réel d’une inadaptation des modalités actuelles aux attentes des enseignants, d’un accompagnement et d’un cadre si peu défini qu’il ouvre parfois la porte à des pratiques inacceptables.

Comment les faire évoluer ?

Au SNPI nous proposons une charte qui définit une déontologie de l’inspection qui doit garantir le respect du droit des personnels et reposer sur une confrontation d’expertises différentes et complémentaires. L’enseignant maîtrise la pratique quotidienne, les savoir-faire professionnels et la connaissance des élèves. L’inspecteur doit se placer dans une position à distance qui lui permet un certain recul. L’enjeu c’est de faire de l’entretien non pas un avis de l’inspecteur sur ce qu’il a vu mais un moment de construction collective qui permette à l’enseignant d’élaborer des hypothèses et de réfléchir à des solutions. À l’opposé d’injonctions unilatérales qui restent la plupart du temps sans effet. Il faut admettre la tension dialectique qui existe dans un métier de fonctionnaire qui suppose à la fois de se conformer aux prescriptions et d’être capable de concevoir et de construire son enseignement.

Et sur les modalités ?

Une évaluation basée sur les résultats des élèves est inacceptable car elle est porteuse d’effets pervers. De même la notation avec son impact sur l’avancement est incompatible avec la dimension de formation inhérente à une évaluation professionnelle. Nous restons attachés à une inspection qui s’organise autour d’une analyse de pratiques selon des modalités qui sont à construire avec les enseignants. L’évaluation collective d’école est intéressante même si, à mon sens, elle doit être centrée sur un objet de travail commun et précis comme l’enseignement des sciences par exemple.

L’ensemble du dossier :
- Présentation du dossier
- Rapport : L’inspection inspectée
- Trois questions à Paul Devin, IEN, secrétaire général du SNPI-FSU : « Une confrontation d’expertises »
- Val d’Oise : Et si on la jouait collectif ?
- Évaluation : quelles évolutions ?
- Entretetien avec Xavier Pons, maître de conférences en sciences de l’éducation : « Quelle effectivité ? quelle équité ? quelle efficacité ? »