Dossier "La classe partagée : une valeur ajoutée"
Une classe, deux ou trois maîtres ?
7 mars 2016

« Un maître une classe » : la forme scolaire traditionnelle en primaire a largement évolué au profit d’une prise en charge plus partagée des élèves. Et si on en faisait un levier pour transformer l’école et les pratiques ?

« Avec les élèves de ma classe... » Cette expression courante dans la bouche des enseignants des écoles reflète mal la réalité. En effet, à la rentrée 2014, près d’un enseignant sur trois devait se résoudre à laisser « ses » élèves aux mains d’un autre collègue. Mission oblige pour les 7,6 % de titulaires remplaçants, afin de se consacrer aux tâches hors enseignement pour les 13,5 % de directrices et directeurs d’écoles (pas tous déchargés malheureusement), par choix personnel ou pour élever leurs enfants pour les 12 % de professeurs d’école exerçant à temps partiel. De plus en plus nombreux pour ces derniers puisqu’en 2002, ils n’étaient que 7 % dans ce cas.

Partager : souvent un choix délibéré

Situation contrainte pour ceux-là mais choix délibéré pour les nombreux professeurs d’école qui pratiquent de leur plein gré décloisonnements et échanges de service. Car bien qu’attachés à la polyvalence, les enseignants du premier degré qui ont vocation à tout faire savent qu’ils ne peuvent pas faire tout bien. Et ce d’autant plus qu’on charge la barque avec des missions et des disciplines nouvelles ou en évolution et pour lesquelles ils n’ont pas toujours été formés : langues vivantes, sciences, TICE... Parfois ce sont le profil particulier ou la situation des élèves qui poussent à partager la classe : élèves en situation de handicap « inclus » en classe ordinaire, élèves en difficulté pris en charge par des personnels spécialisés.

Face aux difficultés croissantes du métier, le partage des responsabilités, le recours à la polyvalence d’équipe, la possibilité d’un regard croisé sur les élèves apparaissent de plus en plus comme des solutions. C’est l’esprit du plus de maîtres que de classes défendu par le SNUipp-FSU et de la déconnexion temps élèves/ temps enseignants qui commence à se mettre en place dans les réseaux d’éducation prioritaire avec l’allègement de service de 18 demi-journées accordé aux enseignants. La forme scolaire « un maître, une classe » participe encore beaucoup de la culture professionnelle des enseignants du primaire qui ne souhaitent pas voir l’école se transformer en petit collège. Pourtant son recul constant ouvre sans doute la voie à de nouvelles organisations peut-être mieux adaptées aux transformations de l’école et à l’évolution du métier d’enseignant.


L’ensemble du dossier

- Présentation du dossier
- Une classe, deux ou trois maîtres ?
- « Reconnaître les dimensions collectives du travail » - 3 questions à Marie Toullec-Théry, maître de conférence en sciences de l’éducation, membre du Comité national de suivi du dispositif « Plus de maîtres que de classes »
- Une équipe à Beynost (01)
- Vitruve (75)
- « L’enjeu fondamental, c’est la polyvalence des enseignants » - Entretien avec Pascale Garnier, sociologue