Mardi 24 janvier, le ministère présente sa campagne contre le harcèlement à l’Ecole. Faisant suite aux Assises de mai 2011, cette campagne se veut un reflet du « travail de fond » engagé par le ministère.
Pour « lever le tabou » et prévenir et combattre le harcèlement à tous les niveaux, le ministère a pris le parti-pris d’en souligner dans sa campagne « la cruelle banalité ». Les quatre grandes orientations concernent la connaissance, la prévention, la formation et le traitement des cas de harcèlement. Il a bénéficié de l’appui d’Eric Debarbieux, Nicole Catheline, Marcel Ruffo et Monique Sassier, la médiatrice de l’éducation nationale.
La campagne est axée sur des productions audiovisuelles, un site internet et des partenariats de diffusion.
Trois videos ont été réalisées. Elles seront diffusées par le ministère, accessibles sur le site internet dédié et sur Facebook. Un spot très court en reprenant des extraits sera diffusé par France Télévisions dans ses émissions et des bannières videos seront visibles sur les sites partenaires. Ces videos mettent en scène des situations vues de la place d’un jeune qui en est le témoin et posent la question de sa réaction. Les trois représentent des collégiens. La première est une situation classique de harcèlement dans la cour et dans la classe, invisible pour l’enseignant. La seconde traite de la discrimination envers un élève gros et du cyber harcèlement. La troisième aborde la question de la rumeur à connotation sexuelle.
agircontreleharcelementalecole.gouv.fr, le site dédié, comprendra une première grande partie d’informations et de repères chiffrés avec une multitude de paroles des experts. Cette partie sera adossée à un centre de ressources pour les élèves, les parents ou les enseignants. La question du cyber harcèlement sera traitée avec l’aide d’une video interactive où l’internaute est conforté à des choix. Une deuxième partie permettra de mesurer le niveau de ses connaissances à l’aide d’un quizz selon les 3 profils (élève, parent, enseignant). Un espace de réponses (que faire ? qui contacter ?) proposera un ensemble d’éléments et d’outils concrets, avec une fiche « bon réflexe ». Enfin l’espace « actualités » pointera les actions des établissements et la mutualisation de bonnes pratiques.
France télévision donnera du temps d’antenne à travers ses émissions (par exemple Maternelles) ainsi que sur ses sites. Bayard presse jeunesse sortira des numéros d’Okapi et de Phosphore en février. Pour les plus petits les éditions Calligram feront de même avec Max et Lili. La CNIL poursuit son travail d’information sur l’utilisation du cyber espace. L’école des parents et des éducateurs (fil santé jeune) travaillent à la mise en oeuvre d’un n° d’écoute et E-enfance à la création d’un guide. La fondation Boulanger offrira à tous les CM1 et CM2 un porte clé, la Maif sera relais de la campagne, en particulier sur son site. L’UNICEF ciblera le primaire avec son ouvrage « Les petits citoyens » et Facebook réservera un espace à la campagne et mettra en place une application d’engagement « Stop harcèlement ».
Les programmes efficaces montrent l’importance de cibler les témoins plutôt que les harceleurs car il existe un risque de « renforcer l’empathie négative ». Ces films peuvent choquer mais ils sont le reflet de la réalité. La société française commence à bouger, à parler du phénomène, des protocoles se mettent en place dans les établissements. C’est un bon début et c’est encourageant. En juin se tiendra à Paris la 1ère conférence mondiale sur le cyber harcèlement. Pour le SNUipp, ces actions de sensibilisation qui visent à réduire et éradiquer le harcèlement à l’école doivent être soutenues. Elles devraient aussi s’accompagner de formation des personnels intervenant auprès d’enfants sur tous les temps scolaires et éducatifs.
Sur Eduscol, la page harcèlement avec des outils :
Le harcèlement entre élèves : le reconnaître, le prévenir, le traiter
Guide pratique pour lutter contre le cyber-harcèlement entre élèves
L’enquête de victimation : A l’école des enfants heureux ou presque