Programmes 2008
Un regard « primarisant » sur le rôle de la maternelle
22 septembre 2013
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L’AGEEM, Roland Goigoux et Mireille Brigaudiot jugent sévèrement une forme de primarisation de l’école maternelle. Verbatim

L’ AGEEM ( association générale des enseignants de l’école Maternelle) voit dans les programmes 2008 une nette évolution de l’école maternelle, conséquence d’un changement de regard sur l’enfant. Ce “nouveau” regard occulte l’accueil de l’enfant et sa maturation psychologique et affective en se centrant de façon totale et quasi exclusive sur l’élève : le domaine d’activités « vivre ensemble » disparaît au bénéfice de « devenir élève » comme si la prise en charge de ces élèves en tant que jeunes enfants n’était plus un objectif important. Ce changement d’objectif est encore plus évident si l’on compare les finalités posées à l’école maternelle dans ce texte : « permettre à l’enfant de devenir autonome pour s’approprier les connaissances afin de réussir les apprentissages fondamentaux » et celles de 2002, « l’objectif de l’école maternelle est de permettre une première expérience scolaire réussie ».

Elle pointe également « la disparition effective des cycles et l’apparition de son corolaire, des progressions annuelles », ainsi qu’un « changement de nature et de fonction de l’évaluation, qui devient sommative et doit permettre un bilan des acquis des élèves ».

Elle déplore enfin que «  la scolarisation des enfants de 2 à 3 ans soit rayée d’un trait de plume ».

Roland Goigoux, professeur en sciences de l’éducation à l’Université de Clermont-Ferrand, pointe l’extrême confusion qui règne sur les objectifs éducatifs assignés à l’école. Il n’est pas acceptable, par exemple, d’affirmer qu’à la fin de l’école maternelle, «  l’enfant devra être capable d’éprouver de la confiance en soi ; contrôler ses émotions ». De telles formulations, qui confondent souvent buts et moyens pour les atteindre, ne relèvent pas de programmes scolaires : quel enseignant saura enseigner et évaluer la confiance en soi ?.

Enfin, Mireille Brigaudiot, linguiste, ancienne maître de conférences à l’IUFM de Versailles, dénonce la finalité annoncée des programmes de 2008 présentés comme une préparation au C.P. Pour elle, si le texte précise que «  les décalages entre enfants d’une même section ne sont pas, en général, des indices de difficultés mais expriment des différences qui doivent être prises en compte pour que chacun progresse dans son développement personnel », on s’attendait à trouver des pistes d’action (et / ou de réflexion) pour que les maîtres puissent aider certains enfants plus que d’autres... Rien de ça.