Travail enseignant
Un livre de la FSU
14 novembre 2010

L’Institut de recherches de la FSU vient de faire paraître un ouvrage collectif sur le travail enseignant. Le livre croise différentes analyses, il a l’ambition de favoriser une prise de conscience collective pour que les enseignants « reprennent le pouvoir d’agir sur leur métier ».

Daniel Rallet est membre de l’Institut de recherches de la FSU. Il est un des co-auteurs du livre « Le travail enseignant, le visible et l’invisible » qui vient de paraître aux éditions Syllepse.

Pourquoi la FSU s’est-elle penchée sur la question du travail enseignant ?

La question du travail monte très fort dans la société. Cela s’est vu médiatiquement avec les suicides à France Télécom et les débats sur la souffrance au travail. Cela se voit aussi dans les syndicats de la FSU avec les remontées du terrain. Le mal-être au travail, la difficulté du métier, les évolutions de l’institution décidées par des technocrates bousculent le métier, sont cause d’une perte de sens et du sentiment que les enseignants sont empêchés de faire un travail de qualité. Le syndicat se doit de prendre en compte ces remontées à la fois parce qu’il s’agit d’un problème social et parce que les demandes des syndiqués vont dans ce sens. L’Institut a souhaité montrer la « partie invisible » du travail enseignant pour expliquer aux non enseignants la pénibilité et les difficultés du métier et mettre en évidence cette alliance de passion d’une part et de fatigue et de désarroi d’autre part.

Comment ce livre a-t-il été réalisé ?

Notre but a été de faire parler les enseignants et d’écouter les professionnels. Le syndicat, même s’il peut être perçu comme tel, n’est pas porteur d’une parole descendante ou alors il passe à côté des difficultés du terrain. Ce n’est pas du tout un livre de plainte ou de déploration car nous souhaitons que les enseignants retrouvent le pouvoir d’agir sur leur métier. Le syndicat joue bien sûr un rôle au niveau général en travaillant sur les conséquences de réformes, les nouvelles formes de management, les logiques d’évaluation, sur les questions de santé au travail également. Mais il a aussi un rôle à jouer au niveau plus local en organisant des collectifs de travail sur la question du travail ce qui permet de déculpabiliser les enseignants en montrant que les difficultés ne sont pas liées aux personnes, qu’elles sont le plus souvent partagées, et qu’ensemble, il est possible d’agir. La FSU a organisé des stages pour recueillir cette parole d’enseignants non experts et s’est ensuite tournée vers des chercheurs avec la volonté de ne pas se limiter à une « école » mais bien de favoriser une diversité d’approches : c’est ainsi que nous avons travaillé avec des sociologues mais aussi des ergologues, des cliniciens de l’activité, des ergonomes...

Quelles suites à ce travail ?

Les syndicats de la FSU doivent s’emparer des sujets du travail et du métier. Le SNES a une expérience ancienne de collaboration avec le CNAM, le SNUipp a démarré son propre chantier, le SNESUP (enseignement supérieur) et le SNCS (chercheurs) en font le dossier de leur prochaine revue, à Pôle emploi une recherche-action est en cours et des demandes émergent du côté de la PJJ (la protection judiciaire de la jeunesse) et du ministère du travail. L’Institut a plusieurs rôles à tenir, aider les « petits » syndicats, organiser des stages et des séminaires, favoriser le travail en commun pour percevoir les différentes facettes de mêmes problèmes, continuer à aborder la question sous d’autres angles. Cela a déjà été effectué avec différents thèmes : les risques psycho-sociaux, l’impact des évaluations sur le travail et un stage sur genre et travail est par ailleurs en chantier.

Ce livre peut être commandé (8€) auprès des sections départementales de la FSU ou du SNUipp.