Nouvelles technologies
Twitter en travaillant
14 septembre 2015

Dans une classe de Cycle 3, l’enseignante utilise Twitter pour différencier et diversifier les approches pédagogiques.

Quand Romance Cornet arrive il y a quatre ans à l’école de Champagneux, les trois communes de ce RPI rural de l’avant-pays savoyard sont en pleine réflexion quant au renouvellement du parc informatique de leurs écoles. C’est Noël avant l’heure : un TBI classe mobile pour tout le monde, 16 portables, des prises, des connexions WIFI : le RPI fait un bond numérique. Espace numérique de travail avec le site spécialisé Beneylu School pour communiquer entre les classes et avec les parents, et blog pour y mettre des articles, des vidéos, des leçons pour réviser le soir ou pendant les ateliers. Mais Romance ne s’arrête pas là avec son double niveau CM1/CM2 de 24 élèves. Twitter lui apparaît vite comme moins formel, plus réactif que les blogs. Après avoir longuement échangé avec un twitt-conseil, sorte de conseil des maîtres géant où des enseignants de tous niveaux communiquent, partagent idées et projets, elle se lance. « Pour moi, twitter c’est un complément, un outil de plus pour différencier et diversifier les approches. En tant qu’enseignante Freinet, le twitt m’a permis de développer encore plus la coopération, le tutorat et l’autonomie dans ma classe. » explique l’enseignante. Même si les élèves maîtrisent les outils et la technique « le compte classe est sur un réseau public et on a fait un gros travail avec les enfants sur la responsabilisation. On leur apprend à s’en servir comme il faut » continue Romance. Elle a instauré une charte signée par les élèves et les parents : grande attention portée à l’orthographe, vérification par la maîtresse, citation des sources, respect des 140 caractères…

Twitter n’est pas papier

Beaucoup d’apprentissages, projets longs ou courts, sont concernés par le twitt : calcul mental, défis et concours mathématiques, programmes de construction ou géoquizz. Ils côtoient souvent des formes de travail plus traditionnelles et la twictée n’exclut pas la classique dictée longue sur le cahier. Les écritures courtes sont une plus-value pour l’écriture longue car avec leurs 140 caractères, elles ont réussi à donner confiance aux petits scripteurs « Ils trouvent une double motivation  : c’est court et on va les lire ». Mais twitter vise aussi des compétences et des objectifs propres. « Lorsque l’on passe de l’écriture longue au twitt, lorsqu’il s’agit de communiquer avec les partenaires du projet « contes » par exemple, les élèves sont obligés de synthétiser leur pensée, de trouver d’autres mots, des synonymes. C’est une autre façon d’aborder la langue française ». Mais ne nous méprenons pas, « rien n’est laissé au hasard », renchérit l’enseignante. « Dans la programmation des séances, il y a toujours une phase papier, puis une phase informatique, communication et transmission. On respecte un planning de twitt, qui fait quoi et quand… ». Seule ombre au tableau, selon Romance, la formation à la pédagogie du Twitt, or en la matière « Il n’y a rien ». Conséquence « je fais de l’auto-formation sur mon temps personnel  »