Le financement des retraites par répartition repose sur le principe de solidarité entre les générations. Il est assuré par des cotisations versées pour une part par les salariés et pour l’autre par les employeurs. Le montant de la recette perçue dépend donc du nombre de cotisants, c’est-à-dire du niveau de l’emploi dans le pays, tandis que le montant de la dépense est tributaire du nombre de pensionnés.
Pour parvenir à l’équilibre économique il faut donc que le montant des recettes soit au moins équivalent à celui des dépenses. Dès lors que cet équilibre est rompu, ce qui est le cas depuis plusieurs années en raison du vieillissement de la pyramide des âges et de l’allongement de l’espérance de vie. Il faut, pour mettre les comptes dans le vert, soit augmenter les recettes, soit diminuer les dépenses.
Le système tel qu’il est conçu aujourd’hui n’offre qu’un nombre limité de possibilités pour équilibrer les comptes : l’âge légal de départ à la retraite qui détermine le niveau de la pension, le nombre d’annuités de cotisation nécessaires pour bénéficier des droits à taux plein, le taux de cotisation. Les trois réformes de 1993, 2003 et 2008 ont joué uniquement sur le nombre d’annuités qui a progressé et sur le taux de remplacement qui a diminué. Aujourd’hui, pour obtenir une retraite à taux plein, il faut avoir cotisé entre 160 et 164 trimestres selon que l’on soit dans le public ou le privé. L’âge légal de départ reste à 60 ans. En 2012, si on ne possède pas le nombre de trimestres suffisants, la décôte s’annule à 63 ans dans le public et 65 ans dans le privé.
En revanche, le levier qui touche au taux de cotisations n’a pas été actionné et encore moins celui qui consisterait à asseoir le financement sur une assiette élargie permettant une redistribution plus équitable de la richesse produite vers les salaires. Cette solution est « économiquement possible » estime la FSU, à condition que l’assiette des prélèvements soit étendue aux revenus financiers et à ceux du patrimoine. Pour dégager de nouvelles ressources - de 4 à 5 points de PIB d’ici 2050 - cela suppose d’y consacrer le quart des gains de productivité, soit une augmentation des cotisations de 0,375 point par an.
Si le système par répartition reste dominant, le financement par capitalisation d’une retraite complémentaire a été introduit à doses homéopathiques. 9% des dépenses sont à ce jour financé par ce biais avec les plans d’épargne retraite collectifs dans le privé et leur équivalent pour le public, la Prefon. Chaque actif cotise pour lui-même, le produit de la collecte est versé sur des produits financiers ou immobiliers soumis aux lois du marché. Il s‘agit bien sûr d’une pratique à haut risque comme l’a montrée la crise financière au cours de laquelle, selon l’Ocde, les titres financiers auraient perdu en moyenne 20% de leur valeur en 2008. En Suède en 1998, la coexistence des deux systèmes, répartition pour une part et capitalisation pour une autre part, assortie d’un savant dispositif prenant en compte le niveau de vie et l’évolution de l’espérance de vie, a été rendue obligatoire. En février, sollicité par les parlementaires, le COR avait formulé un avis sur la transposition de ce système en France. Il concluait à un risque de paupérisation des retraités.