ÉDUCATION PHYSIQUE ET SPORTIVE
Sport à l’école, parcours d’obstacles
8 octobre 2016

Deux députés s’inquiètent dans un récent rapport de la situation de l’EPS dans le premier degré, avec peu d’heures effectives et une formation des enseignants insuffisante.

« La situation de l’enseignement de l’EPS dans le 1er degré est inquiétante », soulignent les députés socialistes Pascal Deguilhem et Régis Juanico, dans un rapport remis le 14 septembre aux ministres de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports.

Ils ont noté que dans les faits, le volume horaire effectif se situe plus autour des 2 h 15 que des 3 h normalement fixées. L’EPS est également souvent laissée à des intervenants, plutôt qu’aux professeurs, qu’ils estiment insuffisamment formés dans cette discipline. Cette place restreinte se retrouve dans les inspections.

Pourtant, la pratique régulière d’une activité physique à l’école est cruciale en termes d’apprentissages et de santé. Elle est aussi parfois la seule que vivent les élèves dans leur semaine. « 40 à 60 % des enfants ne pratiquent pas d’activité physique autre que celles obligatoires dans le cadre scolaire ».

Savoir-nager pour tous

Les auteurs dressent ensuite une liste de 54 préconisations. Ils prônent en premier lieu un respect des 3 h hebdomadaires, avec une diversité d’activités, un équilibre entre « animation et compétition » pour favoriser l’accès de tous et « renforcer le rôle de passerelle du sport scolaire » entre l’école et les clubs.
Le rapport défend ainsi une licence sport scolaire CM2-6e et la création d’une USEP dans chaque école pour aider les équipes.
Il insiste également sur la natation, tous les élèves devant sortir de l’école élémentaire avec l’Attestation scolaire du savoir-nager (ASSN). Enfin, il préconise un meilleur équipement des écoles, cours, salles et une meilleure formation en Espé.

« Chiche », commente le SNEP-FSU (Syndicat National de l’Éducation Physique) qui pose la question des moyens à mettre en œuvre et met en garde contre une « confusion » entre le hors scolaire et l’EPS dont « les missions sont bien spécifiques ».


3 questions à Véronique Moreira, présidente de l’USEP

Vous venez d’être nommée à la présidence de l’USEP, quelles sont vos priorités ?

Nous souhaitons développer le sport scolaire et relever le défi de créer dans chaque école une association USEP. En tant que mouvement complémentaire de l’école publique nous défendons une pratique sportive qui donne l’occasion de former les enfants à l’engagement, à la responsabilité et à la prise d’initiative.

À l’USEP nous affichons notre volonté d’associer activité sportive et éducation à la citoyenneté pour former des « sportifs citoyens ». Nous souhaitons rendre lisible notre expertise et nous faisons le constat que là où il y a de l’USEP, il y a plus d’EPS qui est pratiquée sur le temps scolaire.

Quel bilan de la journée nationale du sport scolaire du 14 septembre dernier ?

Cette journée est un moyen de montrer que le sport scolaire est vraiment actif dans le 1er degré. Près de 127 000 enfants ont été mobilisés au cours de 1 270 rencontres dans tous les départements. Le principe est de réunir les enfants sur un lieu sans promouvoir la compétition mais au contraire en favorisant la rencontre et le vivre ensemble par la pratique d’une activité sportive.

C’est une occasion de découvrir des activités nouvelles par des rencontres qui sont inclusives et adaptées. Chacun doit pouvoir y participer et y trouver sa place.

Une année internationale de l’olympisme s’ouvre ...

Le ministère donne une suite à l’année du sport à l’école et à l’université. C’est pour nous une occasion à ne pas manquer pour développer l’esprit et la pratique du sport scolaire. Il contribue à la réussite et à une meilleure santé des enfants, il faut s’en saisir.

On aborde l’olympisme par les valeurs qu’il cherche à développer sans cacher les dérives de son traitement médiatique. Le dopage, la tricherie sont des questions qui doivent permettre de développer le sens critique des enfants.