Intergénérationnel
Sous le même toit
12 septembre 2016

En Indre-et-Loire, on expérimente un travail intergénérationnel dans une école pas comme les autres.

C’est la rentrée des classes pour Raymonde, Doris et Marie-Louise. Les résidentes de la MARPA (Maison d’accueil rurale pour personnes âgées) de Souvigny-en-Touraine ont entre 80 et 94 ans et sont impatientes car pour elles, « les vacances scolaires c’est difficile ». À Souvigny, près d’Amboise, en 2008, le besoin de locaux pour le nouvel RPI et la nécessité de construire une résidence pour personnes âgées ont poussé la mairie à imaginer un espace intergénérationnel. En forme de U, l’école d’un côté, la maison de retraite de l’autre et reliant les deux un bâtiment commun regroupant la bibliothèque, la salle d’activités, l’atelier de cuisine, la salle de sport, de spectacles et le restaurant. « Il a fallu tout inventer, de l’organisation des repas aux ateliers cuisine mensuels, des anniversaires à la gestion du potager. Les classes sont toutes impliquées mais à des niveaux différents », explique Yann Guillonnet, le directeur de l’école des 2 Aires qui regroupe trois classes du RPI, 77 élèves du CE1 au CM2. « Les parents avaient quelques inquiétudes au départ, elles ont vite été levées », continue-t-il. Le projet est suivi par deux psychologues de l’Université de Tours dans le cadre d’une étude sur les bienfaits des liens intergénérationnels. Ce contact permanent entre enfants et personnes âgées a permis d’aborder avec les élèves des thèmes tels que la vie et la mort ou la religion avec stock de livres au fond de la classe et soutien des CPC et psychologue de la circonscription.

Ensemble au quotidien

« Les mamies participent, quand elles le veulent, aux activités. Calcul mental et dictée avec les CE1. Elles assistent aux séances de musique ou de danses africaines. Elles viennent ramasser les fruits et les légumes. En sciences, Marie-Louise est venue expliquer aux enfants comment et quand planter les légumes. Lors des ateliers cuisine, elles sont en binôme avec les élèves et c’est elles qui les aident avec les dosages ! Quelquefois elles ne viennent pas car elles sont trop fatiguées. Pour les enfants, c’est avant tout une leçon de vivre-ensemble. » Les prochaines étapes, sans forcer, des lectures menées par les résidentes ou réussir à lever les réticences à raconter la deuxième guerre mondiale qu’elles ont vécue. En attendant, c’est à table qu’elles sont le plus bavardes... Et là les enfants doivent s’inscrire sur une liste d’attente pour y manger à tour de rôle.