Dossier "Prof d’écol : Vous me reconnaissez ?"
Sondage snuipp : en quête de reconnaissance
5 septembre 2014

Le sondage réalisé par l’institut Harris à la demande du Snuipp-FSU témoigne d’une profession en manque de reconnaissance. Les enseignants du premier degré sont en attente d’une revalorisation salariale mais aussi symbolique, notamment dans les relations avec leur hiérarchie.

C’est d’abord le sentiment d’une profession dégradée et peu reconnue qui est exprimé dans le sondage sur « les préoccupations des enseignants en 2014  » réalisé en juin dernier par l’institut Harris à la demande du SNUipp. 91 % des enseignants en font part, 89 % pensent que leur image auprès des Français s’est dépréciée et 68 % que leur propre situation professionnelle s’est détériorée. Le sentiment est partagé à 93 % par le grand public. Mais les Français dans leur ensemble sont bien moins négatifs que les enseignants eux-mêmes sur l’état de l’école. Ainsi 77 % des français estiment que l’école maternelle fonctionne bien quand il n’y a que 61 % des enseignants pour le penser. Les jugements sont plus mitigés pour l’école élémentaire : 59 % des français estiment qu’elle fonctionne bien mais 44 % seulement des enseignants partagent ce point de vue. Les enseignants se déclarent néanmoins fiers d’exercer ce métier et motivés par leur mission. Mais 63 % d’entre eux se disent insatisfaits de leur situation professionnelle et ce constat s’accentue nettement avec l’ancienneté dans le métier.75 % de ceux qui exercent pour la première année font ainsi part de leur satisfaction pour seulement 28 % des enseignants ayant plus de 20 ans d’expérience. Les motifs d’insatisfaction les plus souvent cités sont le manque de formation et d’accompagnement (93 %), la place trop importante des tâches administratives (89 %), l’absence de perspectives de carrière (82 %), les faibles salaires (82 %) et la charge de travail (80 %). Travail invisible pas reconnu, injonctions souvent paradoxales, avalanche de prescriptions sur ce qu’il faut faire mais manque d’attention aux possibles manières de faire, là encore un manque de reconnaissance de ce qui fait le coeur du métier et qui motive les enseignants : la volonté de transmettre un savoir et celle de voir leurs élèves réussir (57 et 49 % des citations). Enfin si les relations avec les élèves et les collègues sont des éléments de satisfaction (90 et 87 %), les liens avec l’inspection et le ministère apparaissent plus que distendus. 50% des enseignants sont insatisfaits des relations qu’ils entretiennent avec l’inspection et presque autant pensent qu’elles se sont dégradées. Cette relation est perçue comme administrative et de contrôle, pas forcément injuste ni conflictuelle mais peu basée sur les préoccupations professionnelles et ne favorisant pas l’accompagnement pédagogique. Au delà de la reconnaissance, c’est aussi une relation de confiance qui semble devoir être restaurée.

*Enquête Harris interactive auprès des enseignants réalisée en ligne du 16 au 30 juin 2014 et volet grand public réalisé en ligne du 24 au 26 juin 2014. Échantillon national de 3036 personnes représentatif des professeurs des écoles et échantillon miroir de 1000 personnes représentatif des Français âgés de 18 ans et plus. 3

L’ensemble du dossier :

- Se recentrer sur le métier
- Sondage snuipp : en quête de reconnaissance
- 3 questions à Éric Charbonnier, expert à la direction éducation de l’OCDE
- 3 questions à Anne-Marie Chartier, chercheuse associée au LA RHRA/ENS-Lyon
- Circonscription : Quand la hiérarchie accompagne
- IEN : Un encadrement à restaurer
- Entretien avec Fabien Coutarel, ergonome, enseignant-chercheur