Le vieillissement de la population fera presque doubler le nombre de retraités de 11millions en 2000 à 21 millions en 2040 du fait du départ des générations du baby-boom (après 2040 ce nombre diminuera) et de l’allongement de l’espérance de vie. Ces arguments fondent la volonté gouvernementale d’allongement de la durée du travail. Or en France les seniors ont un taux d’emploi réduit à 38,3%, en baisse depuis 2005, et les questions de pénibilité ou de fins de carrière sont peu abordées. Les retraités ne sont cependant pas sans activité et leur « plus-value »est bien réelle. Dans un pays comparable à la France, l’Allemagne, la consommation privée des plus de 60 ans se chiffre à plus de 30% des dépenses totales. La « silver economy »qui touche à la santé, aux loisirs, aux services « résidentiels », à la finance s’est développée grâce à l’amélioration des régimes de retraite.
L’utilité sociale des retraités se vérifie aussi comme en Italie où l’aide des grands-parents pour garde d’enfants a pu être chiffrée à 1,2% du PIB ! En France les retraités assurent aussi les solidarités familiales (enfants, petits-enfants ou leurs propres parents). Et ils contribuent au bon fonctionnement de la société, par exemple dans les associations d’entre-aide ou de soutien. Mais aujourd’hui 60% des salariés n’ont plus de retraite à taux plein, 4millions d’entre eux perçoivent le minimum contributif (708,96 euros), 5 millions entre 800 et 1100euros. La situation des retraités se dégrade, mettant en péril leur investissement dans ces multiples fonctions, jamais comptabilisées.