Seine-Saint-Denis : Et maintenant, un plan de développement pour l’Éducation.
10 novembre 2014

Vendredi 8 novembre dernier, le ministère de l’Éducation nationale a fait des premières annonces sur la situation du département de Seine-Saint-Denis. Force est de constater que celles-ci se limitent à des mesures d’urgence pour les nombreux contractuels dernièrement recrutés : mise en place de 6 demi-journées de formation, de tuteurs et création d’une troisième circonscription d’IEN pour l’encadrement des enseignants.

Au regard de l’ampleur des difficultés vécues dans le département, on est encore loin du compte. Les problèmes restent entiers : manque d’attractivité du département, dégradation des conditions de travail et de vie des personnels, difficulté pour se loger, coût de la vie... De plus, le département n’est pas uniquement confronté à un problème de ressources humaines. Il manque aussi cruellement de postes d’enseignants alors que le département scolarise un public socialement très défavorisé. Résultat, la Seine-Saint-Denis a un nombre d’élèves par classe au-dessus de la moyenne nationale ( 24,11 élèves contre 23,69). Seulement 1 % des élèves de moins de trois ans ont accès à l’école. Aucun poste RASED n’ a été rétabli depuis la suppression de 190 d’entre eux entre 2007 et 2012 (soit la moitié du contingent départemental ). Les 36 postes de « plus de maitres que de classes » ne sont pas des nouvelles créations mais des transformations des derniers postes « surnuméraires » qui existaient en plus grand nombre dans les années 2000.

Il est grand temps de prendre des mesures spécifiques de grande ampleur pour le département de Seine-Saint-Denis. Les enfants qui vivent des situations sociales et économiques difficiles ont droit à une école de qualité. Le SNUipp-FSU demande la mise en œuvre d’un véritable plan de développement pour l’Éducation en Seine-Saint-Denis : dotations spécifiques, pré-recrutement, politique d’accès facilité au logement, bonification permettant une mobilité, majoration et bonification indiciaire …

Toutes ces mesures nécessitent des moyens budgétaires à la hauteur du défi. C’est ce message que le SNUipp 93 avec la FSU 93 souhaitent délivrer lors de la journée de grève du 20 novembre prochain. Le ministère ne peut plus tergiverser. C’est la réussite des élèves qui se joue dans ces territoires paupérisés. Dans ce cadre, le SNUipp-FSU avec la section départementale de Seine-Saint-Denis demandent à être reçus par la ministre. Il faut des réponses rapides et concrètes.

Paris, le 10 novembre 2014