Dossier "Enseigner les langues étrangères : ¡ Lo podemos !"
Saint-Saturnin (Puy-De-Dôme) | Communiquer avec les autres tu apprendras
8 janvier 2016

Dans le RPI de Saint-Saturnin à quelques kilomètres de Clermont-Ferrand, l’équipe d’école plonge les 150 élèves de la maternelle au CM2 dans un bain culturel et linguistique pour favoriser les échanges et l’apprentissage de l’anglais.

« How are you, teacher ? » lui lancent ses élèves de CP/CE1 de l’école de Saint- Saturnin près de Clermont-Ferrand. Caroline Micheau explique « Ils sont arrivés à la maternelle avec un bagage langagier conséquent ». Dans sa classe, comme en maternelle, les rituels se déroulent en anglais. En ce mois de décembre, Noël est à l’honneur. Sous le regard des mascottes l’ours Paddington et Petteri, renne finlandais, la maîtresse pointe les flashcards du calendrier de l’Avent. « What is it ? » « It’s a gingerbread man » dit Lou. « Smocking ! » lance Baptiste. « No Baptiste, not smocking but ... ». « Stocking ! » clame-t-il. « Fais une phrase, Baptiste » dit-elle. « It’s a stocking ». Les jeux se poursuivent avec vivacité et aisance, de Guess what I am à Duck, duck, goose, avant de finir par le traditionnel « We wish you a merry Christmas... ».

De l’anglais Caroline n’en avait pas fait depuis le lycée mais elle se remet à niveau. Avec deux autres collègues, elle a participé à un projet Erasmus+, 15 jours d’immersion linguistique et culturelle en Grande-Bretagne, soutenu par l’inspection et Jean-Michel Gouraud, conseiller pédagogique départemental dans le département qui explique : « Les enseignants se sentent en position de faiblesse par rapport aux langues vivantes. L’important c’est de comprendre l’autre, travailler l’oral et exposer les élèves à la langue. Atteindre le niveau A1 suppose une réflexion, des outils et des méthodes qui demandent une continuité et une cohérence ».

Donner du sens aux apprentissages

L’inspection a mis en place valises pédagogiques, ateliers de conversation, animations autour de jeux de société et d’albums, formation à l’usage du TBI... Depuis 4 ans, Caroline correspond avec une classe finlandaise. Les mascottes voyagent de famille en famille, racontent leurs découvertes qui sont traduites et échangées par mail. Les classes communiquent aussi par visio-conférence. « Il a fallu mettre en place une progression commune en anglais sur le vocabulaire, les structures langagières et les chansons. Les élèves sont obligés d’utiliser tout ce qu’ils savent et cela prend du sens », raconte l’enseignante. « Les CM2 correspondent avec un collège de Brighton, les CE2/CM1 avec la Serbie, les maternelles avec une école portugaise et la Pologne, mêlant photos et légendes dans les trois langues », explique la directrice Aline Beaulieu, enseignante en CM2. « Maintenant on aimerait avoir du temps pour construire un travail d’équipe approfondi, regrouper les outils, penser les progressions, imaginer un objet de suivi des élèves ».


L’ensemble du dossier
- Présentation du dossier
- État des lieux : Yes we can, but…
- « Il faut dépasser l’entrée par le lexicalisme » - 3 questions à Martine Kervran, maître de conférence en didactique des langues à l’ESPE de Bretagne
- Saint-Saturnin (Puy-De-Dôme) : Communiquer avec les autres tu apprendras
- Au Mans : Dear Papà Noely…
- « Le monde, ce n’est pas uniquement le monde anglophone » - Entretien avec Michel Candelier, Chercheur en didactique, coordinateur du projet CARAP au Conseil de l’Europe