Rythmes : confusion et inquiétudes à tous les étages
12 juin 2014
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A trois semaines de la fin de l’année scolaire, les nouveaux rythmes scolaires sont encore dans un grand flou et la rentrée ne se présente pas sous les meilleurs auspices, c’est le moins que l’on puisse dire ! Ce matin, le ministre a eu beau jeu de relativiser à coup de pourcentages. La réalité a un visage bien plus incertain et plus inquiétant pour le fonctionnement de l’École.

Dans les écoles, élèves, enseignants et parents sont confrontés à de nombreuses incertitudes. Pour beaucoup, il est même difficile de s’y retrouver. Même le ministre n’a même pas été en mesure, ce matin, de préciser la proportion d’élèves qui seront en classe 9 demi-journées et ceux qui auront un après-midi libéré. Les horaires variables d’une journée à l’autre engendrent un véritable casse-tête pour construire des emplois du temps cohérents et notamment pour placer les activités pédagogiques complémentaires : journée d’une durée de 6 heures ici, de 5H15 là, de 4H30 ailleurs ; après-midi à géométrie variable d’une durée d’1 heure à 3 heures. D’autres questions sont soulevées : réelles activités périscolaires ou simple garderie ? Activités gratuites ou payantes ? Le tout sans parler de certaines villes qui affichent toujours leur volonté de ne pas ouvrir l’école le mercredi matin.

De fait, les enseignants sont aujourd’hui dans une situation d’inquiétude et d’inconfort professionnel pour préparer sereinement la rentrée. Peu d’informations fiables sur les horaires, l’utilisation des locaux et des salles de classes, l’organisation du périscolaire : ils peinent à répondre aux questions légitimes des parents et leur crédibilité s’en trouve écornée. Leur expertise professionnelle est trop souvent niée alors qu’à la rentrée, ce sont eux et notamment les directeurs et directrices d’école qui seront en première ligne pour gérer les problèmes de mise en œuvre. Tout cela n’est pas acceptable.

Concernant la gestion administrative des écoles et des enseignants, là aussi la confusion est de mise avec la multiplication d’organisations scolaires au sein d’un même département. Cet effet collatéral de la réforme n’avait pas été anticipé malgré les alertes du SNUipp-FSU. Aujourd’hui, cette situation risque d’entrainer de lourds dysfonctionnements dans les compléments de service des directeurs d’école, des maitres formateurs, dans la gestion des temps partiels et des remplacements. Le SNUipp-FSU exprime de fortes craintes par rapport à une désorganisation du service public sans précédent. Élèves et enseignants en feront les frais.

Depuis, le début, cette réforme mal pensée, mal préparée et peu financée est illisible. Largement contestée, elle ne doit pas être généralisée et doit être réécrite. En l’absence de cadrage national de l’Education nationale, ce sont les contraintes du périscolaire à la charge des communes ayant des possibilités de financements très fortement inégales qui déterminent les emplois du temps. A l’inverse, l’organisation des temps scolaires est devenue secondaire. Dans 48 000 écoles, peu de changements seront notables à la rentrée : effectifs chargés, seule une centaine de RASED recréés, moins de 400 « plus de maitres que de classes » et toujours pas de relance de la formation continue.

Le SNUipp-FSU lance une alerte pour la rentrée. Il est temps de clarifier la situation des écoles. Un cadrage national de l’Education nationale est nécessaire et des mesures concrètes pour améliorer les conditions d’apprentissage des élèves et de travail des enseignants sont toujours une urgence.

Paris, le 12 juin 2014