La France commence à organiser des possibilités de retour en métropole pour ses ressortissants après les catastrophes en chaîne qui frappent le Japon. L’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) donne ses consignes aux enseignants exerçant dans ses établissements à Tokyo et Kyoto.
Deux avions auraient déjà fait route vers le Japon et les premiers départs devraient avoir lieu dès aujourd’hui directement vers la France ou via des rotations par Séoul. Les Français sont invités depuis hier à se signaler au plus vite sur aideretour.ambafrance@gmail.com, en précisant leur adresse e-mail, la composition de la famille (nom, prénom, date de naissance, numéros de passeport) ainsi que l’aéroport préférentiel de départ (Tokyo ou Osaka). De son côté l’AEFE tente, grâce à une messagerie électronique dédiée pour ses personnels au Japon, « de recenser leurs plus récentes coordonnées opérationnelles, leur localisation (région de Tokyo, autre région Japon, France, autre pays) et leurs intentions (quitter le Japon, rester au Japon) » : « près de 40 collègues y ont déjà eu recours ».
Au milieu de la catastrophe qui frappe le Japon, difficile d’apprécier la situation des enseignants du premier degré au lycée franco-japonais de Tokyo et l’Ecole française du Kansaï à Kyoto. Adjoints, directeurs ou directrices ou conseillers pédagogiques, ils sont une petite quarantaine, soit avec un statut de résident (détachés à l’AEFE), soit comme recrutés locaux. Alors même que les informations se faisaient de plus en plus alarmantes ce week-end, l’AEFE ne paraissait pas pressée d’engager les procédures pour leur rapatriement. Elle a même opposé la nécessité de la continuité du service et agité la menace de l’abandon de poste pour certains enseignants qui avaient déjà réintégré la métropole avec leurs enfants. Mais un grand nombre se sont dispersés dans les pays voisins ou le sud du Japon. Le SNUipp et le SNES pour le second degré ont donc saisi, dans une lettre du 15 mars, la direction de l’AEFE, lui demandant « d’organiser dans les plus brefs délais le rapatriement de tous les personnels des établissements français du Japon qui souhaitent rejoindre la France ».
Une aide au retour seulement
Mercredi matin, changement de posture de l’AEFE dans le sillage de l’ambassade de France qui a annoncé des mesures pour tous les ressortissants français (environ 9000). A ce stade, comme l’a confirmé par l’AEFE au SNUipp, il ne s’agit ni d’un rapatriement (comme pour la Lybie), ni d’une évacuation mais de prendre en compte « ceux de nos concitoyens, ainsi que leur conjoints et enfants, ayant manifesté le souhait de profiter du dispositif d’aide au retour depuis Tokyo ». L’Agence précise d’ailleurs que « la décision de demeurer ou non dans la région de Tokyo (ou sur le territoire japonais) est du ressort des individus, les autorités japonaises étant la source d’information de référence pour toutes les consignes de sécurité ».
Reste pour le SNUipp le problème des contrats locaux non français qui exerçaient dans ces établissements. L’AEFE se contente de garantir le fait que « l’établissement a prévu de verser les salaires du mois de mars aux recrutés locaux, que la reprise d’activité ait lieu ou non ».
Du côté de la France
L’AEFE, tout en se tenant à disposition des personnels, n’apporte aucune précision sur les mesures d’accompagnement matériel et psychologique qui seraient souhaitables lors du retour en France. Par contre il semble qu’une cellule d’aide d’urgence soient mise en place pour les étudiants japonais « dont les familles auraient été victimes du séïsme ou du tsunami », selon une information du ministère de l’enseignement supérieur.
La lettre du SNUipp et du SNES HDF