Résidence d’artistes à l’école : le goût de l’art à la Goutte d’or
5 octobre 2015

Quand une école élémentaire comme les autres devient résidence d’artistes...

Une légère crainte peut s’emparer de ceux qui franchissent la porte d’une école. « J’ai peur ». Le néon rouge qui orne le frontispice de l’école élémentaire Pierre Budin intrigue. Pas autant que la casserole chantante qui salue d’une phrase musicale en ouvrant son couvercle le visiteur qui emprunte le couloir de l’entrée. Dans la montée d’escalier, des productions d’élèves encadrées se mêlent à des lithographies originales de Niki de Saint-Phalle. À l’étage, un centre de ressources d’art contemporain à destination des enseignants de la circonscription côtoie une salle de créations plastiques pour les élèves aux murs recouverts de fresques monumentales.

École d’application, école modèle  ?

École d’application, école modèle  ? Pas du tout. Un simple établissement parisien situé dans le quartier de la goutte d’or, à Paris dans le 18ème qui sous l’impulsion initiale de son directeur Pierre Perrin, passionné d’art contemporain, accueille chaque année depuis 2009 une résidence d’artistes. Une expérience rendue possible grâce au concours de l’institution qui apporte un financement du type classes APAC mais aussi à la contribution de nombreux partenaires publics et privés (DRAC, mairie du 18e, Agnès B...)

Chanter comme des casseroles

Le projet va bien au-delà de la création d’une école musée ou d’un simple supplément d’âme. Pour la jeune équipe d’enseignants vite contaminée par l’enthousiasme du directeur et la créativité des artistes invités, il s’agit d’impliquer les élèves dans le processus par des ateliers de création, de faire venir les parents dans l’école, de s’ouvrir aux pratiques artistiques par des sorties, des visites et par là-même de changer l’image négative de l’école et de mettre fin aux stratégies d’évitement scolaire de certaines familles. Les artistes invités, tous des références dans le domaine artistique, ne se contentent pas de travailler dans l’école et d’y exposer leurs œuvres. Ils en font un véritable support de création, donnant aux élèves, à leur sensibilité, à leur expression, une part centrale. Ainsi, le plasticien Claude Levêque utilise le graphisme des enfants pour le fameux néon rouge mais aussi pour l’éclair lumineux qui traverse la pyramide du Louvre. Malachi Farell, lui, fait chanter les enfants et les casseroles  : une œuvre originale* présentée dans le cadre des Nuits Blanches 2014.

Cette année, c’est le chorégraphe Daniel Larrieu qui investit l’école avec en projet la réalisation d’une boîte à danser remplie de contenus sonores élaborés par les enfants également chargés de sa décoration graphique.