Dossier "Enseignant 2.0 en ligne !"
Réseaux | Une culture numérique plus que des outils informatiques
15 septembre 2015

L’environnement numérique professionnel se diversifie et trace les contours d’une culture numérique qui questionne le travail des enseignants et la place de l’institution.

Il y a les forums, ces espaces publics de discussion, les blogs, ces journaux en ligne où un auteur publie ses billets et permet à ses lecteurs de réagir, les wikis, ces sites dont le contenu est écrit par les visiteurs. Il y aussi les réseaux sociaux de contact, comme le difficilement contournable « Facebook », les plateformes de microblogage comme « Twitter ». Il y a encore les réseaux professionnels associatifs, institutionnels ou parfois commerciaux, outils de partage et de travail collaboratif. Il y a même des plateformes de « curation de contenu » (sic !) comme « scoop.it » où on peut assurer une veille numérique et partager ses informations. C’est une nébuleuse numérique qui nous entoure désormais et le monde enseignant n’y échappe pas. Louise Merzeau (lire ici) dit que « pour en mesurer la portée, il faut s’affranchir d’une pensée instrumentale, qui est encore celle de l’informatique, et prendre conscience que le numérique désigne désormais un milieu beaucoup plus qu’un outil ».
C’est une culture numérique qui se construit donc progressivement et qui redéfinit un contexte de travail dont le fonctionnement en réseau, la transversalité et le mode collaboratif sont les principales caractéristiques. Avec les réseaux c’est un fonctionnement horizontal, qui se met en place parallèlement au fonctionnement plus vertical proposé par l’institution et d’après Bertrand Geay, sociologue à l’université de Picardie, on voit chez les néo-enseignants « cette propension de plus en plus forte à développer des groupes de travail, plutôt qu’à demander un conseil plus institutionnel », des relations choisies de gré à gré. Les recherches montrent par ailleurs que les réseaux enseignants qui fonctionnent sont basés sur un processus ascendant qui laisse une large place et suffisamment d’autonomie aux enseignants. Elles les décrivent aussi comme des lieux d’apprentissage et de formation informels. Des changements qui posent question car comme le souligne Olivier Le Deuff de l’université Rennes 2, « les mutations institutionnelles observées sur les réseaux sociaux sur Internet montrent plusieurs glissements conceptuels. La popularité se substitue à l’autorité tandis que l’influence remplace la pertinence. »


L’ensemble du dossier
- Présentation du dossier
- Réseaux : Une culture numérique plus que des outils informatiques
- « Des logiques de dissémination » : 3 questions à Jean-Marc Merriaux
- Du côté des blogueurs : Années 2010, l’odyssée des sites
- Du côté des utilisateurs : Au bon blog
- Les enseignants y trouvent liberté, collégialité » : Entretien avec Louise Merzeau