Rentrée 2016 : la quadrature de la circulaire
2 mai 2016

La circulaire de rentrée 2016, parue au BO du 14 avril, présente les mesures qui devront s’appliquer dans les écoles dès l’année scolaire prochaine. Un catalogue très fourni qui reprend des annonces déjà publiées mais détaille de nombreuses nouvelles mesures. Une déclinaison de « bonnes intentions » selon le SNUipp-FSU mais « une circulaire ne suffit pas à changer l’école ». Pour le syndicat, la question des moyens en temps et en formation accordés à la mise en œuvre de ces mesures par les enseignants est encore posée.

Programmes et ressources

Pour accompagner les nouveaux programmes des cycles 2 et 3 qui s’appliqueront dès la rentrée, le ministère mettra progressivement à disposition des enseignants des ressources téléchargeables comme cela est fait pour la maternelle. Cette publication de documents d’accompagnement dont certains sont déjà en ligne sur Eduscol, répond à une demande des enseignants.

« Merci de nous les envoyer, Madame la ministre »

Malgré les interventions répétées du SNUipp, la mise à disposition d’une version papier de ces outils pédagogiques n’est toujours pas prévue. Le syndicat invite les équipes d’écoles à demander à la ministre une chose toute simple : les leur fournir car les coûts d’impression de ces documents ne peuvent être laissés à la charge des enseignants ou ponctionnés sur leur budget de classe.

- Écrire à la ministre

Modalités d’évaluation : du temps pour se les approprier

En maternelle comme en élémentaire de nouvelles modalités d’évaluation sont prévues. En maternelle, la synthèse des acquis des élèves fera l’objet d’un modèle national mais la forme du carnet de suivi des apprentissages sera laissée à l’appréciation des équipes. En élémentaire, un livret scolaire sera créé pour chaque élève sous une forme numérique avec l’application nationale « Livret scolaire unique numérique » (LSUN). Seuls les bilans de fin de cycle sont prescrits, les évaluations intermédiaires des acquis des programmes sont laissées à l’appréciation des équipes qui disposeront d’une banque nationale d’outils.
L’évaluation diagnostique en début de CE2 est maintenue et le SNUipp rappelle que ses modalités de passation sont définies par les enseignants. Le syndicat demande également que l’application nationale soit testée par les enseignants avant sa mise en application.
De plus, élaborer en équipes de nouveaux outils pour l’évaluation des élèves ne s’improvise pas, cela demande du temps, de la formation et de l’accompagnement. Cela renforce la nécessité de remettre les 108 heures, en commençant par le temps d’APC, à disposition des équipes.

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Formation : toujours insuffisante

La circulaire de rentrée le dit elle-même, les 18 heures prévues pour la formation dans les obligations de service « ne sauraient répondre à l’ensemble des besoins, accrus par la rénovation des cycles, des enseignements et de l’évaluation ». Le texte annonce une augmentation des capacités de remplacement au service de la formation continue et la création d’un Comité national d’orientation pour une formation plus « en phase avec les besoins des enseignants ». La formation continue est affichée comme une priorité. Reste à voir si les moyens débloqués seront à la hauteur des enjeux, ce que ne cesse de demander le SNUipp. D’autre part, le texte fait de nombreuses références aux ressources en ligne ou aux formations à distance par le biais de M@gistère alors que les enseignants demandent au contraire des échanges de pratiques entre professionnels et en présentiel, ainsi qu’un lien avec la recherche.

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Parcours : de nouvelles organisations

Après le parcours d’éducation artistique et culturel et le parcours citoyen, c’est le parcours de santé qui devra se mettre en place en septembre. Pour le SNUipp, cette multiplication de parcours qui, bien que non évaluables, doivent être inscrits dans le projet d’école, peut « générer un effet d’empilement voire de trop plein ». D’autant que les équipes doivent aussi prendre en compte, dans ou en marge de ces parcours, les questions de sécurité, de climat scolaire, d’accueil des parents d’élèves, etc.

Conseil de cycle 3 : oui mais comment ?

À la rentrée, « Le conseil du cycle 3 accueillera des professeurs de 6e » dans les écoles élémentaires et réciproquement les PE « pourront participer au conseil des classes de 6e ». Des « groupes d’appui au déploiement du cycle 3 » seront mis en place dans chaque académie annonce la circulaire. Nul doute qu’ils auront du travail car la mise en œuvre concrète de ce nouveau conseil n’a pas été pensée en termes d’objets de travail, de temps de rencontre et de frais de déplacement.

Lire :
- la circulaire de rentrée 2016

Signer :
- la pétition en ligne « Du temps, de la confiance et des moyens pour la réussite des élèves »