Pour l’excellence salariale !
Enquête sur les recrutés locaux : les rémunérations
11 mai 2014

Le SNUipp exige la progression du pouvoir d’achat en fonction de l’inflation locale et l’arrêt des baisses de salaires lors de l’établissement de nouveaux contrats. Le SNUipp revendique des exonérations ou des aides pour le paiement de frais de scolarité (y compris les droits de première inscription) et l’adhésion au régime général de la sécurité sociale et de retraite français ou à un régime équivalent. Le SNUipp demande aussi le versement de l’équivalent de toutes les primes et indemnités de suivi servies aux détachés (activités péri-éducatives, ISAE ...).

Comme en Serbie ou en Espagne, les salaires ne sont pas ou peu revalorisés dans bien des pays : 57% des établissements ne prennent pas en compte les augmentations indiciaires ! Les salaires des recrutés locaux sont souvent la variable d’ajustement d’un budget contraint par les projets immobiliers autofinancés ou les remontées imposées par l’AEFE qui découlent du désengagement de l’Etat.

Quels sont les éléments de rémunération ?

OuiNon
Existe-t-il une grille de salaire ? 92% 8%
Les enseignants nouvellement recrutés peuvent-ils bénéficier d’une reprise d’anciennetés à l’embauche ? 57% 43%
L’établissement prend-il en compte les augmentations indiciaires ? 57% 43%
L’établissement prend-il en charge les frais de séjour ? 6% 94%
Existe-t-il une grille d’évaluation ? 29% 71%
L’établissement prend-il en charge les cotisations maladies (même partiellement) ? 78% 22%

A quel taux l’établissement prend-il en charge les cotisations maladies ?

Les situations sont très variables. Dans certains cas, la loi locale impose une prise en charge, même partielle. Dans les EGD, l’AEFE préconise une prise en charge à la caisse des français de l’étranger (CFE) à hauteur de 60% des cotisations. Au final, les prises en charge à 100% sont très rares.

Les recrutés locaux bénéficient-ils d’exonérations de frais de scolarité ?

Non Oui, totalement Oui, partiellement
16% 26% 58%

L’action syndicale paie  : l’ISAE c’est pour tous !

Suite à sa pétition « L’ISAE c’est pour tous ! » (plus de 1300 signatures dans le réseau AEFE) et aux actions de février au Maroc et en Espagne, la directrice de l’AEFE a annoncé le versement de l’indemnité de suivi et d’accompagnement des élèves (400 €) pour tous les personnels recrutés locaux des établissements en gestion directe. Le SNUipp rappellera à l’agence d’adresser des recommandations en direction des écoles conventionnées afin d’étendre cette disposition à tous les collègues en recrutement local du réseau.

D’un pays à l’autre...

Un dispositif original au Kenya

Un système de "bourses internes" aide les recrutés locaux à payer les frais de scolarité. Attribuées en fonction des revenus, ces bourses prennent en charge partiellement ou totalement les frais d’écolges, de transports, d’assurance ou de cantine. A la grille salariale s’ajoutent 250€ d’indemnité logement, mais les frais de séjour ne sont pas compris.

Tunisie : le groupe de travail planche depuis des années

La négociation a abouti à 50% d’exonérations de frais de scolarité et à l’exonération des frais de première inscription. Les grilles d’évaluation, toujours en cours d’élaboration, apparaissent comme litigieuses pour les personnels enseignants (évaluations « au mérite »). Les nouveaux recrutés peuvent désormais bénéficier d’une reprise d’ancienneté.

Argentine, Buenos Aires : la loi impose les augmentations  

Les augmentations de salaires sont déterminées par le gouvernement argentin et tous les établissements, privés y compris, sont tenus de les appliquer. Pas de négociations donc, mais une simple application du droit.

Madagascar, Tuléar : scandaleux !

La suppression de l’exonération des frais de scolarité a provoqué la déscolarisation massive des enfants des recrutés locaux. Le SNUipp local a appelé à l’action (grèves, courriers...) pour dénoncer ces pratiques inacceptables.

Roumanie : évaluations à la carte !

Les évaluations et les entretiens d’évaluation ne sont pas réalisés régulièrement ; les critères d’évaluations sont modifiés sans en aviser préalablement les collègues et les résultats ne sont pas transmis aux collègues.

Maroc : augmentations peau de chagrin  

La directrice, en visite à Rabat le 18 février, a annoncé le relèvement du point d’indice d’un peu plus de 1% pour les recrutés locaux des EGD du Maroc. Ce taux ne compense pas l’indice du coût de la vie évalué à environ 2%, ce qui signifie une perte de pouvoir d’achat pour les personnels. Selon l’AEFE, les perspectives d’augmentation s’inscrivent dans un cadre d’une politique de convergence de gestion des recrutés locaux des différents réseaux (AEFE, MAE, Instituts...) mais le compte n’y est pas ! Le SNUipp HDF est intervenu auprès du COCAC adjoint à Rabat et continuera de soutenir, aux côtés de la section locale SNUipp-FSU, toutes les mobilisations visant à améliorer la situation des recrutés locaux du Maroc.

Lire aussi (autres articles de l’enquête ) :

- Droit syndical : pour le respect de tous les personnels !
- Recrutement : pour la transparence !
- Contrats : pour la transparence, l’harmonisation et la sécurisation !