Dossier " Professeur des écoles : un portrait à retoucher "
Rémunérations inégalités à tous les étages
17 juin 2014

« Les rémunérations sont très variables selon le niveau d’enseignement, le corps et l’âge, qui est très corrélé à l’ancienneté ». Le constat dressé par le bilan social de la DEPP est sans appel. Alors que le niveau de formation minimal des enseignants s’établit désormais à Bac + 5 pour tous, le déroulement de leur carrière est toujours marqué par d’importantes disparités salariales. En bas de cette échelle, les professeurs d’école : ils gagnent environ 5000 euros de moins que les certifiés alors qu’ils partagent les mêmes indices (voir ci-dessous). Une différence qui s’explique largement par le montant des primes reçues et les heures supplémentaires effectuées par les enseignants du second degré. Mais les enseignants du premier degré pâtissent également de carrières plus courtes et d’un accès aux échelons les plus élevés et à la hors-classe plus restreint. Ainsi pour les plus de 50 ans, on constate un écart entre les deux corps qui atteint 2000 €. Ces inégalités se cumulent avec une grande hétérogénéité au sein même du corps liée à la grille salariale. Entre les 10% des profs d’école les plus rémunérés et les 10 % les moins rémunérés, l’écart net annuel est de 10 000€ et les plus de 50 ans ont un salaire brut supérieur de 40 % à celui des moins de 30 ans.

Dernier volet peu glorieux pour une profession féminisée à plus de 80 %, les enseignants du premier degré de sexe masculin ont en moyenne un salaire supérieur de 8 % à celui des femmes.


Redonner de l’attractivité au métier

En 2014, près de 10% des postes (658 au total) n’étaient pas pourvus au concours exceptionnel de professeur des écoles.. Un phénomène en progression : la session 2013 avait déjà été marquée par une perte de 343 postes à pourvoir avec 2,4 candidats par poste au concours alors qu’il y en avait 5 ou 6 avant 2012 (voir p.17). L’OCDE estime même qu’un problème de renouvellement de la profession risque à terme de se poser. Un récent rapport de l’UE formule 10 recommandations pour redonner de l’attractivité aux métiers enseignants parmi lesquelles : améliorer les méthodes de recrutement et la formation, favoriser la mobilité, améliorer l’évaluation, les conditions de travail et d’avancement ou encore rendre les salaires plus attractifs. Pour le SNUipp-FSU, la démocratisation de l’accès au métier suppose une refonte de la formation initiale accompagnée de pré recrutements sans contreparties de travail dans les écoles (emplois d’avenir professeurs) et d’une politique volontariste d’accès aux études et d’aides aux étudiants se destinant aux métiers de l’enseignement.


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L’ensemble du dossier :

- Présentation du dossier
- PE : un métier à réhabiliter
- Portrait de PE : profil haut et bas
- Rapports hiérarchiques inspection à revoir
- Rémunérations inégalités à tous les étages
- en BREF
- Chrono : Jamais autant de temps
- « Les différences persistent »