Rapport IGEN : des moyens insuffisants
16 octobre 2013

« La formation continue des enseignants du premier degré est plutôt insatisfaisante et rare » constate l’Inspection générale dans un rapport* rendu public cet été. Elle dresse un état des lieux de ses insuffisances tant sur le plan de son organisation, que de son contenu et des moyens de son déploiement depuis 2006. Choix des thèmes et des intervenants discutables, « trop éloignés des préoccupations des maîtres », « déconnectés de la réalité quotidienne des classes », les rédacteurs du rapport relèvent une forme d’inadéquation de l’offre, alors que les enseignants « attendent des interventions d’experts de la pédagogie et de la didactique . » Ils pointent aussi « la disparition des stages longs (trois semaines) non compensée par les heures d’animation, qui n’ont pas la même fonction aux yeux des enseignants », et la quasi-disparition des actions ouvertes aux candidatures individuelles auxquelles sont venues se substituer « les actions dites à public désigné », destinées aux néo-titulaires ou aux nouveaux directeurs d’école par exemple. La baisse, entre 2006 et 2011, des moyens consacrés au fonctionnement de cette formation continue est aussi pointée du doigt.

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Ces derniers sont passés d’un peu plus de 15, 5 millions à 13 millions d’euros déplorent les rapporteurs, qui signalent aussi « pour partie, un autre usage que le financement de la formation continue » par les académies. Traduction concrète : le bilan social du ministère de l’Éducation nationale faisait état d’une moyenne de 1,9 journée de stage suivie par les enseignants du premier degré pour l’année 2011-2012. Elle était de 2,35 en 2006-2007.

Des préconisations qu’il s’agira de mettre en œuvre

« La question des moyens est actuellement une pierre d’achoppement (…) et les perspectives d’amélioration semblent lointaines » s’inquiète l’Inspection générale. Le projet de budget 2014 semble ne pas la démentir, les crédits destinés à la formation continue se montant à un peu moins de 13 millions d’euros, identiques donc à 2012 et 2013. Or, restaurer cette formation continue des enseignants « principal gage de l’efficacité du système éducatif » est un objectif prioritaire et il faudra dégager les crédits nécessaires, prévient-elle. Il s’agira aussi de la rendre « attractive » en favorisant « l’adaptation de l’offre aux besoins réels du terrain », de la rendre « valorisante », « de la faire entrer dans le monde de l’école numérique » et d’ « améliorer la situation des formateurs ». Les propositions ne manquent pas, au moment où « les projets ministériels en cours affirment l’importance de la formation continue [et] qu’il a même été envisagé de la rendre obligatoire. » Reste maintenant à passer aux travaux pratiques, sans plus attendre.

* http://cache.media.education.gouv.f...

L’ensemble du dossier :

- Présentation du dossier "Formation continue : un besoin permanent"
- Lier métier et recherche
- Rapport IGEN : des moyens insuffisants
- M@gistère : La mise à distance
- Plan départemental de formation : Le cas atypique de l’Eure
- « Pour améliorer la réussite des élèves »
- Formateurs : Un besoin criant…
- En bref
- « Faire parler le métier réel »