Quand je dessine, je peux...
7 avril 2015

Pas un jour de classe sans dessin, outil d’expression et d’apprentissage autant que de découverte ! Puisse l’école être le terrain où les enfants construisent, via leurs crayons et via ces histoires qui parlent du pouvoir du dessin, leurs capacités à s’exprimer, partager, revendiquer, rire et être libres.

Quand je dessine, je peux dépasser...

collectif, 4 éditeurs : Actes sud junior, Hélium, Rouergue, Thierry Magnier. Dès 6 ans

Gribouiller, crayonner, refaire, copier, cerner, expliquer… À partir d’un mot, en quelques traits, chacun des 50 illustrateurs jeunesse apporte son univers personnel dans ce livre collectif qui dit à la fois tous les possibles du dessin et l’importance d’en avoir la liberté. C’est dingue ce qu’on peut dire avec un crayon ! Dessiner, c’est dépasser, c’est se dépasser. Alors dessinons sans modération, et même en mettant de la couleur à ces images en noir et blanc. Cet ouvrage devrait déclencher une frénésie de dessin dans les écoles.

Toile de dragon

de Muriel Zürcher, ill. Qu Lan, Éd. Picquier jeunesse. Dès 7 ans

Fils de pêcheur, Thong-Li dessine dans la poussière au marché. Du jour où un vieux mendiant lui offre un pinceau et de l’encre en échange d’un poisson, il n’a de cesse de peindre. Faute de papier, c’est sur des toiles d’araignées qu’il représente des dragons aux écailles d’or. Son talent parvient aux oreilles de l’empereur qui lui passe commande, le presse et le menace… Comment garder alors plaisir et imagination ? BD-Manga, aux magnifiques couleurs, les illustrations « pleine page » participent de la réflexion sur création et liberté.

Rébellion chez les crayons

de Drew Daywalt, ill. Oliver Jeffers, trad. Elisabeth Duval, éd. L’École des Loisirs. À partir de 5 ans

Grève chez les crayons ! Duncan trouve un paquet de lettres, écrites par les crayons eux-mêmes qui se lâchent, avec insolence, pour exprimer leurs frustrations, leurs envies et leurs jalousies. Si le rouge est au bord de l’épuisement, pour d’autres, c’est désolant : « Sincèrement, as-tu vu déjà un enfant s’éclater en coloriant du blé ? Il faut qu’on parle. Ton ami BEIGE ». Ici chaque couleur a sa double page, avec la gauche pour ronchonner. Une savoureuse idée pour réinterroger et subvertir les habitudes artistiques de nos petits !

Il est beau, mon dessin ?

de Juliette Vallery, ill. Tristan Mory, éd. Albin Michel Jeunesse. Dès 2 ans

Après « Trop tôt pour le dodo », « Tu boudes ? » ou « Rien qu’à moi », un nouveau titre dans la collection « Les Pops », pour les tout-petits. Les quatre personnages de la série sortent peintures et crayons, et barbouillent dans la maison. Mais il n’est pas toujours facile, pour un artiste en herbe, d’être compris… Des albums aux coins arrondis et aux couleurs acidulées, pensés pour accompagner la découverte de la vie en collectivité.

Mon petit zoo numérique

de Norio Nakamura, éd. Rue du Monde. Dès 5 ans

Des animaux en quelques pixels : onze carrés jaunes et bruns pour la girafe, neuf carrés noirs pour le panda. Besoin parfois de recul pour comprendre ce si beau travail graphique et des trouvailles qui donnent envie à son tour, de colorier une feuille à petits carreaux. Ne surtout pas passer à côté de ce designer japonais qui revisite le pointillisme, genre urban pixel du street art, les légos de Marco Sodano, l’univers graphique de certains jeux vidéo.

Le vieux fou de dessin

de François Place, éd. Gallimard jeunesse. À partir de 9 ans

Ce roman illustré est un grand classique : c’est la rencontre, imaginée par l’auteur, deTojiro (9 ans, petit vendeur à la vie dure), avec le grand Hokusaï, vieil artiste qui passe son temps à dessiner. Tojiro, dont le rêve est d’être samouraï, se lie au vieux fou qui lui apprend ses techniques. L’enfant qui admire de plus en plus le vieil homme est définitivement conquis lorsqu’il comprend que « même les samouraïs s’inclinent devant un grand artiste. » Un livre qui donne envie d’apprendre et de dessiner.


Votez Victorine

de Claire Cantais, Ed. L’Atelier du poisson soluble-Musée d’Orsay

Mars 2015 : les femmes françaises ont le droit de voter depuis exactement 60 ans et les élections départementales garantissent pour la première fois une parité homme-femme des élus. C’est le moment de vous parler de cet album qui raconte comment Victorine se retrouve à prendre l’habit d’un homme pour mener une carrière politique. Drôle, vive, impertinente, cette histoire a pour toiles de fond les tableaux, célèbres pour beaucoup, des peintres de la fin XIXe et du début du XXe siècle. Vous saurez notamment enfin pourquoi une jeune femme est nue dans le Déjeuner sur l’herbe de Manet.