Dossier "L’enfant perturbateur : un "cas" d’école"
Protocole dans la Loire : mieux voir le trouble
5 mai 2014

Le département de la Loire dispose d’un protocole de gestion des élèves perturbateurs. Dans la circonscription d’Andrézieux, il permet à la conseillère pédagogique d’intervenir à la demande des enseignants pour les accompagner dans la recherche et la mise en œuvre de solutions.

Appelons le Nathan. Sa rentrée en CE1 dans cette école de la circonscription d’Andrézieux-Sud dans la Loire a été compliquée. C’est la séparation d’avec sa maman et le passage en classe qui sont difficiles et prennent au fil du temps des proportions inquiétantes. De pleurs en début d’année, on passe à de véritables crises qui nécessitent d’isoler Nathan pour le protéger, protéger ses camarades et parfois le contenir. Le psychologue scolaire est prévenu (il n’y a plus de RASED complet dans cette circonscription), une équipe éducative réunie, un suivi au CMP est envisagé mais tarde un peu... Pour Stéphanie la maîtresse, c’est de plus en plus difficile. «  Je culpabilisais, dit-elle, je m’en voulais de ne pas trouver de solutions, heureusement il y a l’équipe  » précise-t-elle en racontant les organisations trouvées avec les collègues pour gérer les crises de Nathan et son retour en classe. Tous tiennent en effet à ce qu’il soit scolarisé mais le sentiment de «  bricoler  », de ne «  plus faire son métier  » et que le reste de la classe pâtit de la situation taraude la maîtresse et l’équipe.

D’une gestion de crise à une gestion pédagogique

Au retour des vacances, en novembre la situation empire encore. «  On était dans l’impasse et le stress dans l’école était palpable  » dit-elle. La conseillère pédagogique de circonscription Nathalie Thollot et le psychologue scolaire Jean François Maneval se mobilisent alors pour assurer le temps d’accueil de Nathan tous les matins pendant plusieurs semaines. Une forme d’intervention exceptionnelle mais pas si étonnante ici car la CPC suit un protocole de gestion des élèves perturbateurs* initié par l’IEN et les CPC ASH de la Loire. Elle a suivi une formation «  troubles du comportement  » pour leur servir de relais. «  Je suis cette année 8 élèves touchés par des troubles du comportement sur ma circonscription, raconte Nathalie . J’interviens en trois temps : observation de l’élève, mise en place du protocole qui s’appuie sur une approche comportementale basée sur le renforcement positif. Je réunis toute l’équipe éducative de l’école afin d’expliquer cette approche. Puis j’interviens une semaine environ dans la classe, afin de mettre le protocole en place. Enfin je suis les progrès à distance en contactant les collègues tous les 15 jours. » Cette année cette formation des CPC volontaires est étendue à d’autres circonscriptions du département. Quant à Nathan, tout n’est pas réglé mais, depuis janvier il est en progrès. Un travail est enclenché avec la famille et un PPRE fixe les aménagements pédagogiques mis en place. À l’école, on pense déjà au parcours à lui construire pour l’année prochaine.

* En ligne sur le site de la circonscription d’Andrézieux-Sud

L’ensemble du dossier :

- Présentation du dossier
- Une prise en compte institutionnelle
- Historique : passés au premier rang
- « Entendre et accompagner les enseignants »
- Protocole dans la Loire : mieux voir le trouble
- En bref
- Gestion collective à Toulouse : l’autonomie dans le cartable
- « L’école comme un cadre structurant et apaisant »