Dossier "Éducation contre l’homophobie | L’école interpellée "
Projet d’école : une discrimination parmi d’autres
12 juin 2013

La lutte contre les discriminations est inscrite dans le projet d’école de l’école Monge à Toulouse. un travail d’équipe dans lequel l’éducation contre l’homophobie trouve naturellement sa place.

Ce vendredi, le hall d’accueil de l’école élémentaire Monge de Toulouse s’est couvert des productions des élèves réalisées dans le cadre du projet d’école sur la lutte contre les discriminations. Racisme, sexisme, handiphobie et homophobie ont été abordés au cours de l’année. C’est la 2e année que l’école Monge s’est emparé de cette éducation « contre ». Pour cela, quatre demi-journées ont été banalisées dans l’année, à l’occasion des journées internationales. « Parler d’homophobie dans ce cadre est plus facile pour l’expliquer aux parents. On travaille cette question à la même échelle que le racisme et c’est écrit dans le projet d’école, validé par le conseil d’école et l’IEN » explique Jean-Philippe enseignant en CE2-CM1. Les élèves sont mélangés par cycles et sont amenés à réfléchir aux discriminations en ateliers. Chaque enseignant anime la thématique avec laquelle il est le plus à l’aise. Jean-Philippe s’occupe de l’éducation contre l’homophobie. « Je fais partie de l’association Arc-en-ciel Toulouse et dans ce cadre j’ai suivi deux formations sur la façon dont on peut aborder les questions de sexualité avec les enfants » raconte-t-il. Une expérience qu’il a adaptée pour l’école. Il a utilisé l’extrait du film Billy Elliot* au cours duquel Billy annonce qu’il veut faire de la danse à son père qui se met en colère, et répond : « je ne suis pas une chochotte ! »

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A partir de cet extrait, Jean-Philippe interroge d’abord les élèves sur la raison de la colère du père et sur le sens de chochotte, « j’interviens le moins possible si ce n’est pour réguler et reprendre le registre de langue utilisé. » Puis, dans un deuxième temps, un tri s’élabore sur les activités qui seraient du domaine féminin ou masculin. « Le tri est un élément intéressant pour structurer sa pensée. Il s’agit à partir du tableau réalisé de déconstruire des stéréotypes qui enferment pour faire émerger l’idée que le principal c’est de faire ce que l’on aime » reprend l’enseignant. Autre exemple, à partir de l’album Un air de famille**. Dans un premier temps, les élèves dessinent, dans la moitié haute de la feuille, leur famille. Les dessins sont exposés et montrent la diversité des situations : famille nombreuse, famille avec enfant unique, famille recomposée, famille mixte, famille monoparentale et cette année famille grand-mère/petite fille et famille homoparentale. Ensuite, l’enseignant lit l’album où différentes familles d’animaux sont décrites. Pour finir, les enfants dessinent sur la partie basse de la feuille une famille qu’ils ne connaissaient pas. « Il ne s’agit en aucun cas de prosélytisme, on dit la réalité et on dit qu’elle est OK » résume l’enseignant. À la fin de la séance, un petit garçon avec deux mamans est venu lui dire que « c’était vraiment super ». « Même si on travaille pour le long terme, on se dit que déjà, pour cet enfant là, on n’a pas travaillé pour rien » conclut Jean-Philippe.

*Billy Elliot, film de Stephen Daldry, 1999
** Un air de famille, le grand livre des petites différences de Béatrice Boutignon, 2013, éd Baron perché,

L’ensemble du dossier :

- Présentation du dossier
- Besoin de programmes et de formations
- Accueillir les familles | Neutralité et attention
- « Une reconnaissance officielle des parents sociaux »
- Projet d’école : une discrimination parmi d’autres
- Homophobie, en milieu scolaire aussi !
- Parler d’homoparentalité, et pourquoi pas ?
- En BREF
- « Un rapport étroit avec le sexisme »