Dossier : "Nouveaux programmes | Reprendre le cours de l’histoire "
Programmes | L’histoire, ça conte
18 décembre 2013

Si l’histoire a pour vocation d’éclairer le présent, alors l’histoire de son enseignement devrait permettre de mieux comprendre la complexité de la discipline et les difficultés rencontrées par les enseignants dans son enseignement.

« L’évolution rapide des attentes de l’institution a pu déstabiliser de nombreux enseignants. » notait en 2007 Philippe Claus. Cet inspecteur général de l’éducation commentait alors la mise en application des programmes de 2002. Un an plus tard, les programmes changeaient à nouveau. C’est dire que les approches de l’enseignement de l’histoire ont souvent varié et que toutes ont sans doute un impact sur ce qui se passe aujourd’hui dans les classes.

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Avant 1960, on parle souvent d’apprentissages centrés sur le « roman national », une expression qui désigne un récit fortement teinté de patriotisme élaboré par les historiens du XIXe siècle et qui valorise la construction de la nation. A l’opposé, les années 70 verront l’émergence des pédagogies de l’éveil qui visent à stimuler la curiosité des élèves et à réfléchir à partir d’observations en partant de l’environnement et du passé proche. Peu de contenus, plus de chronologie, ces démarches seront sévèrement critiquées et laisseront la place aux programmes de 1985 qui verront le retour de la chronologie et d’une histoire nationale dans une perspective toutefois plus scientifique. Les programmes de 2002 seront plus ambitieux et moins ethnocentrés souhaitant « construire une intelligence du temps historique fait de simultanéité et de continuité, d’irréversibilité et de rupture, de courte et de longue durée. » Ils conserveront une approche chronologique et seront accompagnés par des documents détaillant chaque période historique, les points forts à étudier et des éléments de démarches. Las ! Rapport de l’Inspection générale en 2005, note de la Deep en 2007 : les enseignants font certes de l’histoire en classe mais les programmations sont floues et peu respectées, les connaissances des élèves trop « ponctuelles et superficielles ». Les enseignants semblent abuser de l’étude de documents au détriment du récit historique, cette forme d’enseignement qui consiste à raconter l’histoire. Un manque de formation, une approche trop complexe ou la crainte de tomber dans l’anecdotique et que les élèves assimilent l’histoire à des histoires ? Est-ce la démarche historique qui est importante, la connaissance des faits ou leur conceptualisation ? Quels contenus favoriser et quelles démarches adopter ? Ces questions resteront sans réponse, le programme 2008 reviendra aux grands hommes et aux grands événements de l’histoire de France.