ASH étranger
Pour une école inclusive à l’étranger aussi
11 mai 2016

Depuis la loi du 11 février 2005, l’école est passée de l’intégration des élèves à besoins éducatifs particuliers à l’inclusion, autrement dit du « vivre avec » au « vivre ensemble ».

Comme le dit Serge Thomazet : « Une école inclusive, c’est une école qui permet à chaque élève d’apprendre et d’avoir une scolarité réussie. C’est donc une école qui doit s’adapter à tous les élèves, mais aussi une école ordinaire ! S’adapter aux besoins de tous les élèves, c’est permettre à ceux qui présentent un handicap lourd, notamment mental ou psychique, de suivre une scolarité en milieu ordinaire. C’est aussi répondre aux besoins de ceux qui ne sont pas handicapés, mais qui sont en échec ou en difficulté, donc mettre en place des adaptations pédagogiques et didactiques. L’école inclusive doit donc disposer de services d’accompagnement et de services spécialisés pour aider ces élèves et leur maître »

Un élève de nationalité française en situation de handicap est un élève qui a une notification de handicap faite par la Maison du handicap (MDPH) et qui lui donne droit, selon le cas, à une allocation de handicap (AEH) et/ou a des aides à la scolarisation : un AESH (Accompagnant des élèves en situation de handicap), du matériel adapté… Avant tout cela, et en dehors de cela, l’enfant ne peut être considéré en situation de handicap, comme le définit la Loi. En attendant, nous, les enseignants, devons accueillir tous les élèves.

Comment faire ?

En France, lorsqu’un élève présente un trouble un formulaire appelé GEVA-SCO première demande est rédigé par l’équipe éducative (enseignants, directeur et enseignant spécialisé). Ce document transmis à la MDPH permettra avec d’autres bilans (médical, psychologique …) à une équipe pluridisciplinaire d’évaluer la situation de handicap de l’enfant et de rédiger un PPS (Projet Personnalisé de Scolarisation).

A l’étranger, et notamment à l’AEFE, ce protocole n’est pas totalement suivi. On peut donc y construire un PPS hors parcours MDPH. Mais comment réussir cette « école inclusive » à l’étranger alors que la formation des collègues manque et que les aides et structures spécialisées en milieu scolaire sont, parfois, quasi inexistantes ?

L’enseignant rédige dans un premier temps un PPRE (Projet personnalisé de Réussite Educative) qu’il renouvelle plusieurs fois si besoin.

Ensuite, si les troubles persistent, l’enseignant rédige une fiche de demande d’aide qu’il transmet au directeur de l’école primaire et à l’enseignant spécialisé (quand il y en a un). Au vu de ces éléments, le directeur réunit une équipe éducative qui, en cas de troubles graves, va rédiger un document qui s’apparente au PPS (mais qui n’est en légalement pas un). Ce document organise le déroulement de la scolarité de l’élève handicapé et assure la cohérence, la qualité des accompagnements et des aides nécessaires à partir d’une évaluation globale de la situation et des besoins de l’élève.

Avec ce document, les parents dont l’enfant est de nationalité française peuvent prendre l’attache de l’assistante sociale de l’Ambassade de France pour faire éventuellement une déclaration de handicap à la MDPH (maison du handicap) en France.

En attendant la décision officielle de la MDPH, il peut exister comme par exemple en Tunisie et de façon locale et non officielle une CISS (Commission d’Intégration Scolaire) qui se réunit deux ou trois fois par an pour adopter des décisions concernant la scolarisation des élèves handicapés (aménagement du temps scolaire, validation de la présence d’un AESH…).

Et puis, il y a les autres élèves, ceux qui sont en grande difficulté scolaire ou simplement en difficulté. Pour les élèves qui présentent des troubles des apprentissages (dyslexie, dysorthographie, dyscalculie...). Il existe maintenant le PAP qui suit l’élève pendant toute sa scolarité.

Mais avec quels moyens ?

Scolariser tous les élèves dans une école ordinaire est indispensable pour construire la société de demain. Mais cela suppose un changement radical dans notre façon de concevoir l’école, ses pratiques, son fonctionnement. Il suppose aussi un budget ambitieux : former les enseignants, réduire les effectifs, professionnaliser les AESH, développer la coopération avec le secteur médico-social et les autres professionnels disponibles sur place et surtout créer des temps et des espaces pour la concertation.

Le SNUipp rappelle le sentiment d’abandon qu’ont certains collègues à l’étranger face à l’aide à la prise en charge de la difficulté. Même s’il a bien conscience qu’en France, la possibilité d’aide n’est pas toujours meilleure, il souligne la demande (ancienne de sa part) de création de véritables réseaux d’aide à l’étranger et d’une formation spécifique de nos collègues aidant à prendre en charge les élèves à besoins particuliers.

L’AEFE, notamment à travers son service pédagogique, est, certes, sensible à ces questions. Grâce à des enquêtes pour relever les différents dispositifs déjà existants et désireux de s’appuyer plus sur la cellule formation, le service pédagogique de l’AEFE cherche à améliorer la prise en charge de ces élèves de la part des enseignants et ce, dans l’intérêt de chacun. Sur le dossier de la formation des AESH, il est réactif, même si la question des réseaux d’aide a reçu de sa part des réponses plus évasives et convenues. Il reste cependant aussi à convaincre tout l’encadrement de l’AEFE car ce vaste dossier est à prendre en compte dans un contexte budgétaire contraint. Pour desserrer les cordons de la bourse afin d’améliorer le quotidien des enfants et de l’exercice des personnels, les bonnes volontés ne sont pas légion, certains confondant parfois aussi "excellence" et "absence de handicap ou de difficultés"...

Des éléments pour aller plus loin :

Articles d’analyse sur le site du SNUipp

Quel plan pour qui ?

Le Guide d’évaluation de l’autonomie scolaire (GEVASCO)

Le formulaire de 1ere demande

Le formulaire de 2ème demande

Le Plan d’Accompagnement Personnalisé (PAP)

La circulaire PAP

Le document outils

Programme personnalisé de réussite éducative (PPRE)

Circulaire PPRE