Voici l’école maternelle à l’honneur cette dernière semaine de l’année avec la publication par le ministère du document sur le langage. Parallèlement l’Association générale des enseignants des écoles et des classes maternelles a mis « le corps dans tous ses états » au centre des expositions et conférences à son congrès annuel.
La publication du document sur « Le langage à l’école maternelle », Sceren, mai 2011, a été accueilli comme une reconnaissance du travail réalisé à l’école maternelle. Une exploration plus approfondie confirme l’intérêt de ce « pavé » de 214 pages qui rassemble de manière implicite les travaux de l’Inspection générale et de chercheurs sur cette question. Tout y est ou presque : liens avec les partenaires de l’école, aménagement de la classe, situations pédagogiques, TUIC ... On y lit également un respect du rythme des élèves, une volonté d’évaluer le langage prioritairement par l’observation, des situations pour les élèves en difficulté, des liens avec des sites de ressources du ministère...

Un rapide aperçu
Dans la première partie sur le langage / langue orale, prévaut une conception de langage « pivot des apprentissages et de la vie de l’école ». Au delà du thème « langage en situation/ langage d’évocation », un ajout fait référence à « l’oral scriptural », forme requise à l’école. Sans surprise, le lien avec l’écrit est renforcé par rapport à 2006 en même temps que sont développés acquisition du lexique et apprentissage de la syntaxe comme devant faire l’objet d’une préoccupation constante et être traités de manière transversale. De fait « l’acquisition progressive d’un lexique riche et précis ainsi que la maîtrise des règles qui régissent la structure des phrases conditionnent la maîtrise du français scolaire » : une insistance en lien avec le souci de compenser les inégalités linguistiques et celui de prévenir l’illettrisme. La mémorisation est aussi valorisée sur la base d’analyses et de propositions de situations pertinentes.
Deux autres parties sont consacrées à la découverte/familiarisation avec l’écrit pour l’une, et aux besoins éducatifs particuliers pour l’autre. L’aide personnalisée fait son apparition à plusieurs reprises alors que dans le même temps, on déplore que la référence au RASED n’apparaisse plus qu’une seule fois ( contre 4 fois dans le document de 2006). Par ailleurs, dans la partie concernant les évaluations en classe, les outils du ministère ne sont que proposés, pas imposés. A la fin, les annexes sont nombreuses et très riches, notamment un impressionnant travail autour de la littérature de jeunesse dans l’annexe XIII.
Ce document 2011 insiste beaucoup sur la professionnalité du maître, expert en langage, et donne des pistes de travail intéressantes, avec des suggestions de positionnement de l’enseignant judicieuses, notamment pour les débuts de carrière. Mais il faudra vraiment que l’administration, par le biais des IEN maternelle par exemple, donne la possibilité aux équipes des écoles maternelles de se l’approprier par des temps de formation continue et d’échanges et que les conditions faites à l’école maternelle soient aussi améliorées...
Temps, réflexion et échanges
C’est justement ce que sont venus prendre huit cents enseignants et enseignantes au congrès de l’AGEEM à Vichy du 30 juin au 2 juillet. Au cri de ralliement « Le corps d’abord », ils se sont formés, ont partagé et réfléchi autour d’un grand nombre d’expositions de 64 présentations de terrain et de conférences proposées par des chercheurs et des praticiens.
Expérimenter les réussites tout en dépassant les échecs par la collaboration en EPS, être créatifs, inventifs notamment pour garder le sens dans des apprentissages complexes, apprendre à connaître son corps et à gérer ses émotions pour se prémunir contre les abus, être sage, travailler à des partenariats autour de la scolarisation des enfants en situation de handicap, penser le temps scolaire, écrire à la main à l’heure du clavier … une longue liste de thèmes sur lesquels Christine Passerieux, Joël Gonthier, Didier Jourdan, Sylvie Cèbe, François Testu, Jean luc Velay, Marie Thérèse Zerbato, Yvanne Chenouff, Pierre Philippe Bureau ou encore Alain Houchot, IGEN, ont porté leurs regards.
L’AGEEM poursuit sa route
Après dix années à la tête de l’association, Lucile Barberis, présidente de l’association, va laisser la barre du navire à Isabelle Racoffier. Rendez-vous est pris à Lille du 4 au 6 juin 2012 avec la culture en fil rouge : l’école maternelle, lieu du premier partage culturel pour tous ou comment faire accéder chacun à une culture ouverte ?
Le document sur le langage à l’école maternelle à lire ici
Les commentaires de Mireille Brigaudiot, linguiste et spécialiste du langage à l’école maternelle ci-dessous :