3 questions à Nathalie Serruques (UNICEF)
« Politique familiale : début de mise en œuvre »
17 juin 2013

Fenêtres sur Cours a interviewé Nathalie Serruques, responsable de la Mission « Enfance en France » à l’Unicef France, au sujet des annonces du premier ministre sur la politique familiale.

Les annonces du premier ministre* permettront-elles une rénovation de la politique familiale ?

Ce qui nous semble intéressant c’est, au-delà des intentions affichées, la volonté de passer à un début de mise en œuvre. Il y a des mesures d’ordre budgétaire qui vont dans le sens d’un ciblage en direction des familles et des enfants qui en ont le plus besoin sans trop pénaliser les autres familles. Elles répondent au rapport 2012 de l’Unicef consacré au bien-être des enfants dans les pays riches qui avait mis en évidence la position paradoxale de la France comparativement aux autres pays de l’OCDE et de l’UE : alors qu’elle a la plus forte dépense publique pour ses enfants, la France compte près de 10% d’enfants pauvres, soit un enfant sur cinq.

Quelle devrait être la traduction concrète de ces mesures ?

Les solutions d’accueil des enfants en dessous de trois ans dont le manque actuel pénalise de nombreuses femmes dans l’accès à l’emploi devraient être trouvées. Le volume prévu est certes insuffisant mais c’est un signe qui va dans le bon sens. Pour des enfants en situation de pauvreté, l’accueil collectif est vraiment adapté que ce soit en termes d’accompagnement des familles ou de stimulations pour les enfants, en particulier sur le plan du langage. Les centres sociaux constituent un autre point d’appui important : ils peuvent par leur proximité relayer le dynamisme dont sont capables les habitants des quartiers les plus en difficulté. Le soutien à la parentalité est aussi un élément essentiel des mesures annoncées.

Comment faire pour que ces politiques soient véritablement efficaces ?

Une mission permanente consacrée à la question de l’enfance au sein du commissariat général à la stratégie et à la prospective devrait pour nous être le lieu du monitoring et de l’évaluation de ces politiques publiques, qu’elles existent déjà ou qu’elles soient en cours de création ou d’ajustement. Il faut que tout soit mis en place dans la transparence avec des indicateurs posés pour que chaque acteur de la société civile soit en capacité de comprendre si ces politiques portent ou non leurs fruits.

*Intervention et dossier «  Pour une rénovation de la politique familiale »