Plus que jamais, vivre ensemble
7 avril 2016

Partager, accepter les différences, sortir des stéréotypes, se connaître, se comprendre, se respecter, aller vers l’autre… Vive les livres pour construire une culture du vivre ensemble. La culture, encore et toujours, pour que les enfants mettent des mots sur les émotions, les idées. Pour qu’ils apprennent à lire, à dire, à vivre ensemble. L’école n’est pas seule  : les auteurs, les éditeurs nous offrent de belles occasions de parler de tout ça.

Interdit aux éléphants

de Lisa Mantchev, illustrations de. Taeeun Yoo, Ed. Les éditions des éléphants/ Amnesty international. Cycles 1, 2 Avoir un éléphant comme animal familier, c’est être «  toujours un peu à part  ». On a beau le savoir, c’est bien triste d’être refoulé du Club des animaux. Mais avec les autres exclus, un autre monde est possible  ! La pancarte sur leur nouvelle cabane annonce «  bienvenue à tous  » et non «  pas d’étranger  ». Un texte simple, à la première personne du singulier, qui égrène de bien jolies choses sur l’amitié. Des illustrations qui complètent avec gaieté et douceur une histoire qui refuse les discriminations.

On n’est pas si différents  !

De Claire Cantais, illustrations de Sandra Kollender, Ed. la ville qui brûle. Tous cycles «  Oh là là… tu n’es pas comme moi, toi  ? Si, je suis comme toi, je suis une enfant  ! Mais j’ai un truc en plus… je suis handicapée.  » Et rire, pleurer, jouer, aimer… on peut le faire ensemble. Des mots tranquilles et des couleurs saturées mettant en scène des enfants «  pas comme les autres  » mais tellement comme les autres. Un graphisme résolument pop art pour accompagner un texte essentiel pour interroger les différences, parce qu’il n’est jamais trop tôt pour lutter contre les stéréotypes.

Mon pays en partage

De Yves Pinguilly, illustrations de Sandra poirot-Cherif, Ed. Rue du monde. Cycles 2 et 3

Des poèmes pour dire des histoires venues d’ailleurs, des coutumes, des plats, des expressions du monde entier. Des poèmes contre le repli, la méfiance, la froidure. Des mots à partager, qui ne taisent pas la réalité de l’exil, du terrible chemin vers un pays qu’on espère moins hostile. Des mots qui dansent, qui tanguent, qui nous embarquent pour un pays de partage et même plus. «  On croirait que le monde entier a réuni ici tous ses accents pour une seule et belle harmonie  ».

Un monde de bonnes manières

De Eliane Karsaklian et Raphaël Martin, illustrations de Jessica Das, Ed. De la Martinière jeunesse. Cycles 1 et 2

À l’étranger, on peut vite passer pour un mal élevé  ! Si certains usages, mondialisation oblige, ont tendance à se répandre aux quatre coins de la planète, les vieilles habitudes ont la vie dure et leur diversité reste incroyable. Pour s’étonner, sourire, découvrir, comprendre et respecter les usages ici ou là, à table, chez soi, à l’école, en famille, pour les fêtes… un livre qui fait voyager. Saviez-vous, par exemple que tirer la langue pour les Tibétains, c’est une tradition ancienne pour se saluer  ?

Compte comme moi

D’Atiq Rahimi, illustrations de Olivier Carpentier, Ed. Actes sud junior. Cycles 1 et 2

«  J’ai deux yeux comme toi, l’un pour regarder, l’autre pour voir.  » Comme une ritournelle, comme un poème, une comptine, de page en page, l’auteur entraîne son jeune lecteur vers une meilleure connaissance de soi passant par cet autre qui parle. La lecture se déroule grâce à un subtil jeu de rabats qui garde à chaque moment un suspens. «  Les mots du corps pour initier à la subtilité des émotions et du vivre ensemble  » dit l’éditeur. Le graphisme épuré, aux silhouettes colorées sur des fonds aux couleurs chaleureuses, fait écho à l’apparente simplicité du texte.

La tâche de Léon

De Marion le Hir de Fallois, illustrations de Séverine Perrier, Ed. Kilowatt. Cycle 3

Quand les forains arrivent Léon oublie tout  : la tache sur son visage, l’école où il fait peur, le violon qui lui fait pourtant tout oublier, et même Juliette…. Avec l’ex-femme à barbe ou le nain de la fête foraine, Léon s’évade de sa vie et apprend la vie, sur fond de manèges et d’histoires d’amour. Un texte superbement écrit, simple et joliment construit grâce aux histoires dans l’histoire. Les illustrations «  collages surréalistes  » donnent une touche étrange à ce joli livre sur la différence et le regard des autres. Une édition soignée, un format carré et un papier doux aux doigts…


Blanche-Neige et les 77 nains

De Davide Cali, illustrations de Raphaëlle Barbanègre, Ed. Talents hauts. Cycle 2

Ils sont gentils les nains de lui offrir l’hospitalité contre « un peu de ménage ». Mais avec 77 nains, Blanche-Neige n’en peut plus ! Retenir 77 prénoms, préparer 77 pique-niques, raconter 77 histoires le soir… De quoi s’enfuir en courant et réclamer non pas une, mais deux pommes empoisonnées à la méchante sorcière, histoire d’aller dormir le plus longtemps possible. Et prière de ne pas la réveiller ! Un conte revisité, détourné, où la jeune fille n’est pas assignée à un rôle de nunuche attendant un prince charmant, mais prend ses décisions librement. Réjouissant.