Crise du recrutement des PE
Recrutement : pas d’autosatisfaction, des réponses
5 juin 2015

Malgré les calculs enthousiastes de la ministre, la crise du recrutement est toujours là. Il y a urgence à redonner de l’attractivité au métier d’enseignant à travers des mesures générales de revalorisation, d’amélioration des conditions de formation et d’exercice du métier.

Jeudi 4 juin, Najat Vallaud-Belkacem a bien enjolivé la situation du recrutement des enseignants en avançant même que dans le premier degré, les résultats « devraient permettre de pourvoir l’ensemble des postes ouverts », ce qui déjà en soi n’est pas extraordinaire mais de plus, est loin d’être fait, notamment sur les académies de Créteil ou d’Amiens.

En effet, pour le SNUipp-FSU, la crise de l’attractivité du métier de PE est loin d’être derrière nous. Avec 18 592 candidats admissibles pour 11 728 postes ouverts, soit un taux de 1,59 admissibles par poste, il s’agit du taux le plus bas de ces dix dernières années, excepté en 2013 (1,46). On reste loin des taux des années 2000 à 2011 où il y avait plus de deux candidats admissibles pour un poste offert.

Par académie, les résultats sont également contrastés et font apparaître des points noirs.

Hormis quelques académies qui progressent (Bordeaux, Guadeloupe, Nantes, Nice, Orléans, Rennes), d’autres continuent d’attirer de moins en moins de candidats (Besançon, Caen, Clermont, Guyane, Lille, Martinique, Nancy, Paris, Strasbourg).

Mais surtout, les académies déjà en grandes difficultés ne sortent pas la tête de l’eau. C’est le cas d’Amiens qui reste avec un taux de 1,29 candidats admissibles pour un poste offert, Reims à 1,21, et Créteil à 1,05 c’est à dire moins qu’en 2014 et 2013.

Au final, il n’y a vraiment pas de quoi se féliciter. La campagne de communication du ministère ou le dispositif d’Emploi Avenir Professeur (EAP) n’ont pas produit de miracle.

Il ne faut plus perdre de temps et prendre à bras le corps la question essentielle de l’attractivité du métier d’enseignant à travers des mesures générales de revalorisation, d’amélioration des conditions de formation et d’exercice du métier mais également avec des mesures spécifiques de pré recrutement afin de permettre aux étudiants de financer leurs études et leur formation. Il y a urgence.

Paris, le 05 juin 2015