Dossier "Éducation contre l’homophobie | L’école interpellée "
Parler d’homoparentalité, et pourquoi pas ?
12 juin 2013

Dans cette classe de maternelle, on aborde le sujet de l’homoparentalité à travers la lecture d’un album. « Et pourquoi pas ? » est devenue la question qui interroge les stéréotypes.

La couverture de l’album est a priori sans équivoque : un bébé manchot sur lequel deux manchots adultes se penchent et portent un regard tendre. La première hypothèse des élèves de moyenne et grande sections de Saint-Florentin dans l’Yonne est qu’il s’agit d’un papa, d’une maman et de leur bébé. Quand la maîtresse dévoile la première partie du titre de l’album « Tango a deux papas, et pourquoi pas ? », quelques rires fusent accompagnés de « ce n’est pas possible ! ». La seconde partie du titre invite alors à ne pas en rester là et à entrer dans le questionnement.

Dans un quartier où les familles sont majoritairement construites sur un mode traditionnel avec peu de mères qui travaillent à l’extérieur de la maison, les rôles des parents apparaissent aux enfants comme coulant de source... et ce sont les mamans qui s’occupent des enfants ! Tout un travail sur les représentations est initié par la maîtresse pour en arriver à la conclusion qu’un papa peut tout aussi bien s’occuper d’un enfant qu’une maman. Et que le plus important c’est l’amour. Amour pour les enfants mais aussi amour des parents entre eux. Un élève connaît même deux hommes qui s’aiment... Et pour les élèves de la classe, il s’avère que la question la plus intéressante est justement là : qu’est-ce que ça veut dire, comment ça fait d’être amoureux ? Les enfants, en confiance, acceptent de parler de ce qu’ils ressentent vis à vis d’autres, de sexe différent ou de même sexe qu’eux, ça n’a pas vraiment d’importance. La honte et la gêne qu’ils identifient dans le fait d’évoquer les questions amoureuses laissent place à la parole spontanée et à la possibilité d’envisager des sentiments pour un autre en prenant de la distance avec les schémas stéréotypés auxquels ils se référaient spontanément. Et le « pourquoi pas ? » est devenu un réflexe pour interroger l’autre ou soi-même. Quand Rachid hésite à se servir d’un stylo rose, forcément la question lui sera posée. Et ce n’est pas parce qu’il va se servir d’un crayon rose qu’il va se transformer en fille... C’est pourtant simple !

L’ensemble du dossier :

- Présentation du dossier
- Besoin de programmes et de formations
- Accueillir les familles | Neutralité et attention
- « Une reconnaissance officielle des parents sociaux »
- Projet d’école : une discrimination parmi d’autres
- Homophobie, en milieu scolaire aussi !
- Parler d’homoparentalité, et pourquoi pas ?
- En BREF
- « Un rapport étroit avec le sexisme »