Laïcité
Parents, signes religieux et tenue vestimentaire : l’exclusion plutôt que le dialogue ?
8 mars 2011
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Le ministre vient d’annoncer sa volonté de modifier la circulaire de 2004 sur le port de signes religieux à l’école, en l’étendant aux parents d’élèves lors des sorties scolaires.

A la suite du large débat sur le port du voile, mené en 2004, un consensus s’était dessiné pour ne pas les soumettre aux même obligations que les personnels. D’ailleurs, le terme « de collaborateurs occasionnels de l’Éducation nationale » marque cette distinction avec les représentants des services publics auxquels appartiennent les professionnels.

Sur le terrain, jusqu’ici, la question de l’accompagnement des sorties scolaires n’a pas soulevé de conflits notables dans les écoles. Le travail des enseignants auprès des familles a permis à la fois de faire respecter les principes de laïcité en évitant tout prosélytisme et de favoriser la participation des familles, partenaires indissociables de la réussite de leurs enfants.

Faut-il faire alors d’un cas particulier un problème général ? Est-il nécessaire de revoir dans l’urgence les textes en vigueur ? Le SNUipp-FSU rappelle son attachement au principe de laïcité, une laïcité du XXIème siècle, tournée vers l’avenir et le vivre ensemble. Il entend privilégier le dialogue plutôt que la coercition et regrette que le ministre s’exprime dans un contexte chargé de polémiques politiques entretenues même au plus haut sommet de l’État. La volonté de mener un débat sur la place de l’islam en France doit-elle s’inviter à l’école ?

Le SNUipp-FSU demande instamment que l’école ne soit pas instrumentalisée dans ce débat. Il rappelle que l’essentiel des situations conflictuelles ont été réglées par la loi de 2004. L’école doit garder une mission d’intégration et non de stigmatisation et d’exclusion.

Le SNUipp-FSU demande que toute modification fasse l’objet de concertation des partenaires de l’école, que l’on s’appuie sur la réalité de la vie des écoles et que l’on fasse confiance à la professionnalité des enseignants.

Paris, le 8 mars 2011