Dossier "Éducation musicale : en mode mineur ou majeur ?"
Orchestre à l’école de Bressuire (79) | Un brass band de jeunes
8 octobre 2016

La classe de CE2 de l’école Jules Ferry à Bressuire se lance pour trois ans dans le dispositif Orchestre à l’école. C’est un nouvel univers, culturel et musical, qui s’ouvre à la plupart d’entre eux à travers la pratique d’un instrument à l’école et au Conservatoire.

L’aventure commence pour les 22 élèves du CE2 de l’école Jules Ferry de Bressuire. Leur classe va se transformer, pour trois ans, en orchestre avec le dispositif Orchestre à l’école.
« On remplit le ventre comme un ballon et on va faire travailler les muscles de la soufflerie », commence Mathieu Blanchard, dumiste et co-pilote du projet. Car à chaque séance, en plus de l’échauffement vocal, il va falloir souffler... dans les cuivres. Le lundi au Conservatoire puis le mercredi à l’école, c’est sous sa direction et celle des trois professeurs du Conservatoire que les élèves vont se familiariser avec les trombones, tubas, cors d’harmonie et cornets et travailler les morceaux qu’ils joueront au carnaval ou à la fête de la musique.


« Avec les concerts, les élèves se rendent compte que sans régularité, sans concentration et sans discipline cela marche moins bien », dit
 Valérie Poupard, professeur au Conservatoire, à l’initiative et autre co-pilote du projet. « Avec 2h de musique on fait moins d’arts visuels et on rattrape sur quelques mercredis.

Avec ce projet, je fais beaucoup de passerelles avec d’autres disciplines, la littérature de jeunesse par exemple et le PEAC. J’adapte beaucoup de supports en fonction de l’orchestre », explique Béatrice Azzola, directrice et enseignante de
la classe. Elle ajoute : « l’école a été choisie il y a trois ans car elle se trouve dans le secteur ‘politique de la ville’ ».

« Le dispositif ‘Orchestre à l’école’ s’inscrit dans une démarche de démocratisation de la musique », reprend Valérie. Un seul élève de la classe, Tugay, apprend le violon et seule Lucile a participé à un atelier d’éveil musical. « Le travail est très collectif, plus sensoriel que théorique. On travaille plutôt sur la mémoire qu’avec des partitions de solfège », explique Mathieu.

Une classe qui se métamorphose

Des professeurs, des instruments prêtés par le Conservatoire aux élèves pour travailler à l’école, chez eux ou à défaut au centre socio-culturel, qui leur ouvre ses portes. « Les élèves doivent s’occuper de leur instrument, ça les responsabilise » affirme Valérie.

La synergie des engagements politiques et financiers* a permis de renforcer les liens entre les familles et l’institution scolaire ou le monde associatif dans un quartier à forte mixité sociale. « C’est un vecteur d’entraide et de solidarité entre les enfants mais aussi entre les familles » poursuit Valérie.

Béatrice conclut « La précédente classe s’était métamorphosée sur 3 ans. Les enfants en difficulté scolaire ou différents se sont épanouis et ont trouvé leur place dans l’orchestre et dans la classe ». Une satisfaction à la clé : 6 collégiens sont soutenus financièrement et poursuivent l’aventure au Conservatoire.

* Le projet est porté par le Conservatoire de musique du Bocage Bressuirais, service de la communauté d’agglomération du bocage Bressuirais en partenariat avec l’Education nationale, la ville de Bressuire dans la cadre de la politique de la ville, commissariat général à l’égalité des territoires, le Centre socio-culturel de Bressuire et l’Association de parents d’élèves.

EN BREF

DISPOSITIF
CLASSE À HORAIRES AMÉNAGÉS


Les classes à horaires aménagés musique ou « CHAM » permettent de planifier l’emploi du temps scolaire des élèves de façon à ce qu’ils puissent suivre les cours de musique (deux demi-journées par semaine) du conservatoire associé, où l’inscription est payante.

Les CHAM fonctionnent dans un cadre défini, enseignement général public d’une part, et enseignement de la musique au Conservatoire d’autre part, pour les contenus comme pour l’évaluation.


Outre le solfège, ils pratiquent un instrument ou le chant. Un dispositif qui aurait pu être un outil de mixité sociale.
EN BREF

CONVENTIONS
TOUS ENSEMBLE


350 conventions territoriales ont été signées entre l’État et les collectivités territoriales pour développer l’éducation artistique et culturelle.

Conclue pour trois ans, la convention territoriale de développement culturel fixe les modalités de collaboration entre la DRAC (Direction régionale des a aires culturelles) et la collectivité territoriale en mutualisant les moyens humains, artistiques et financiers qu’il convient de mobiliser sur des objectifs partagés.

La convention peut accompagner des projets comme la création d’une école de musique ou le développement de PEAC pour les jeunes.
EN BREF

DUMI
UN DIPLÔME DE MUSICIEN INTERVENANT


Le diplôme universitaire de musicien intervenant (DUMI) se prépare dans un centre de formation CFMI, rattaché à une université.

Le musicien intervenant (dumiste) est avant tout un musicien confirmé qui a acquis une solide formation dans diverses formes de musique : classique, tradition populaire, jazz, musiques actuelles...

Il travaille en milieu scolaire en lien avec l’équipe pédagogique de l’école primaire (maternelle et élémentaire). Il aide à développer chez l’enfant l’esprit critique, la créativité sonore et musicale, la culture musicale. Il peut avoir des missions et des lieux d’exercice très variés (crèches, hôpitaux, prisons).

Les interventions étant payantes, il convient aux personnes et aux équipes qui les accueillent de trouver les financements.

L’ensemble du dossier

- Présentation du dossier
- Enseignement artistique – Quoi de neuf dans les programmes ?
- « Une discipline particulière à enseigner » - 3 questions à Frédéric Maizières, maître de conférence en musicologie à l’université Toulouse Jean Jaurès
- Orchestre à l’école de Bressuire (79) – Un brass band de jeunes
- « Se former pour se décomplexer » - 3 questions à Nadia Metivier, conseillère pédagogique départementale en éducation musicale en Gironde
- En maternelle à Metz – Chorale à plusieurs voix
- « À l’école, il faut une éducation par le plaisir, par le rythme » - Entretien avec Didier Lockwood, violoniste de jazz, parrain de plusieurs « classes orchestres » en zones d’éducation prioritaire