Santé
Obésité infantile  : un défi de taille
16 juin 2015

La France n’est pas épargnée par le risque d’épidémie d’obésité en Europe annoncé par l’OMS. La prévention de l’obésité infantile reste donc indispensable et passe aussi par le contrôle du marketing alimentaire.

L’Europe devra faire face à une véritable épidémie d’obésité d’ici à 2030. La mise en garde provient de l’Organisation mondiale de la santé. Elle note que «  la prévalence de l’obésité a plus que doublé entre 1980 et 2014  »et qu’elle pourrait encore être multipliée par deux dans les 15 prochaines années. On pensait la France à l’abri avec 15 % seulement d’adultes obèses* mais ce taux pourrait monter à plus d’un quart de la population en 2030. Selon la Société française de nutrition, ces projections sont la conséquence de l’épidémie d’obésité infantile observée entre 1980 et 2000 et «  même si les chiffres tendent à se stabiliser dans les nouvelles générations, les enfants nés dans les années précédentes resteront obèses  ». La lutte contre l’obésité infantile est donc toujours primordiale pour limiter le risque d’obésité à l’âge adulte. 15% des enfants sont en surpoids ou obèses en France, et on considère aujourd’hui que c’est l’interaction entre des facteurs biologiques, comportementaux et environnementaux qui entraîne l’apparition de l’obésité. Elle est aussi étroitement liée aux inégalités sociales et, en classe de CM2, les enfants d’ouvriers sont dix fois plus victimes d’obésité que les enfants de cadres.

Sus au marketing alimentaire

L’OMS incrimine notamment le marketing qui influence directement les choix alimentaires des enfants. C’est pourquoi elle recommande la réduction tant de l’exposition des enfants que de la force des messages commerciaux en faveur des aliments peu sains. Les industriels de l’agro-alimentaire lorgnent en effet sur un «  marché enfants  » estimé à 40 milliards d’euros en France. D’abord parce que les enfants sont de futurs consommateurs adultes qu’il convient de fidéliser, ensuite parce qu’au-delà de leur propre pouvoir d’achat, ils possèdent un pouvoir de prescription des dépenses familiales. Le Québec a choisi d’interdire les messages publicitaires à destination des enfants, les britanniques ont préféré les orienter vers des choix alimentaires plus sains. Des solutions peu reprises en France où on réfléchit à un étiquetage nutritionnel mais où la publicité alimentaire est peu règlementée.

*Le surpoids et l’obésité sont établis à partir de l’indice de masse corporelle (IMC) qui est le rapport de la masse (en kilos) divisée par le carré de la taille (en mètre). À partir de 25, on est en surpoids, à partir de 30, on est obèse.