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EREA : missions reconnues, internat éducatif fragilisé
5 mai 2017
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Si les discussion avec le ministère ont permis le maintien de l’internat éducatif et de ses missions, la question du remplacement des PE éducateurs par des personnels précaires reste entière.

La nouvelle circulaire EREA est parue au BO, pour une entrée en vigueur à la rentrée 2018. Tout au long des discussions sur sa rédaction, le SNUipp-FSU est intervenu pour demander le maintien de l’internat éducatif au sein des EREA et mettre en avant les missions éducatives prises en charge par les professeurs des écoles spécialisés. Si le ministère n’est pas revenu sur sa volonté de faire prendre en charge une partie des missions des PE éducateurs par des assistants d’éducation - notamment les nuitées - le syndicat a fait « bouger les lignes. » Des bougés qui ont été inscrits dans la rédaction définitive du texte.

Quelques avancées

- Une reconnaissance des missions d’accompagnement éducatif et pédagogique au même niveau que celles d’enseignement a été actée. Tous les PE en poste en EREA seront désormais soumis à des obligations réglementaires de service (ORS) de 21 heures, plus deux heures de coordination et synthèse.

- Les missions éducatives et pédagogiques des PE, déployées dans le cadre des projets divers menés au cours de l’année, pourront s’exercer aussi en soirée, alors que le projet initial était de les limiter « jusqu’au dîner » des élèves.

- Les taux d’encadrement des élèves deviennent précis : un enseignant pour seize élèves en classe et un enseignant pour huit élèves pour l’éducatif. Les expressions indicatives d’ « aux alentours » ou d’ « en moyenne » sont retirées. C’est une reconnaissance du bien fondé des effectifs réduits.

- le rôle et la fonction de la vie scolaire sont rétablis et consolidés.

L’internat éducatif fragilisé

Cette circulaire ouvre néanmoins la porte à un encadrement des élèves par des personnels précaires et sans formation à la place d’enseignants spécialisés. Or, le bilan que tire le SNUipp-FSU dans les établissements où cela est déjà en place montre une dégradation de la prise en charge des élèves et une dégradation des conditions de travail des personnels.
De plus, le texte prévoit que les missions d’enseignement d’une part et d’accompagnement éducatif d’autre part, soient confondues pour tous les enseignants. Le SNUipp a porté la nécessité d’identifier les quotités et les personnels en charge des unes et des autres. En effet, le risques d’affaiblissement des moyens consacrés à l’internat éducatif, de gestion managériale des personnels, sont réels. Pour le syndicat, la répartition de ces missions doit relever de décisions d’équipe, basées sur l’expertise des enseignants spécialisées.

Si le SNUipp porte la nécessité d’un cadrage actualisé du fonctionnement des EREA et si ses interventions ont permis quelques avancées, le ministère prend le risque d’un réel affaiblissement du pôle éducatif des EREA, qui tirent pourtant leur spécificité de l’offre d’internat éducatif.

Rétablir les postes supprimés

Enfin, la publication des nouveaux textes doit s’accompagner d’un message clair aux recteurs et aux DASEN : la circulaire de décembre ainsi que son addendum qui ont largement contribué à la dérégulation que nous observons dans les EREA n’ont plus lieu d’exister.
L’affichage ministériel d’augmenter les moyens vers les élèves en grande difficulté doit devenir une réalité et correspondre à la prise en charge d’activités d’enseignement et éducatives telles qu’elles sont décrites dans la circulaire.
Or, si celle-ci harmonise les obligations de service des PE en EREA, il n’y a pas suffisamment de postes ni d’enseignants formés pour assurer l’ensemble de ces missions. C’est le paradoxe d’un texte qui tout en rappelant l’importance de l’internat éducatif organise simultanément ses difficultés de fonctionnement. C’est pourquoi le SNUipp demande le rétablissement des postes supprimés.

La circulaire entrera en vigueur à la rentrée 2018

Lire :
- la circulaire EREA